Procès des ex-Goodyear : la violence de l’accusation
Jugés en appel au tribunal d’Amiens ce mercredi, les anciens salariés de l’usine Goodyear n’en démordent pas et demandent la relaxe. De son côté, l’accusation requiert vingt-quatre mois de prison avec sursis. Une peine adoucie, mais toujours extrêmement lourde de sens. Délibéré le 11 janvier.

Avant même le début de l’audience, des milliers de personnes se retrouvent devant les grilles du tribunal. Appelant à la relaxe des anciens salariés de l’usine de pneus Goodyear, jugés ce mercredi à la cour d’appel d’Amiens pour « séquestration » et « violences » à l’encontre de deux cadres de l'établissement, tous arborent fièrement leurs drapeaux CGT. Parmi les prévenus, un seul n’était ni adhérent, ni élu de ce syndicat, largement majoritaire au sein de l’entreprise. En début de soirée, c'est aussi ce que leur avocat, Me Fiodor Rilov, va longuement plaider. Car du côté de la défense, la position est claire. Présents sur les lieux de la « séquestration », les prévenus assurent qu’ils sont innocents. Si certains expliquent avoir tenté de « gérer la situation et éviter que cela ne dégénère » et que d’autres concèdent avoir « parlé fort », « tapé la main sur la table » et exprimé leur colère face aux dirigeants locaux, jamais ils n’ont contraint les cadres à rester.
À lire >> Contre la répression syndicale, la lutte s’organise
Un procès emblématiqueAux alentours de 9h ce mercredi matin, l’audience commence. Après un bref rappel du contexte dans lequel les évènements se sont déroulés - dégradation des relations avec la direction depuis 2007, blocages et procédures juridiques interminables destinées à sauver l’usine -, le président Grouman réaffirme les accusations de « séquestration » et de « violences » commises à l’encontre des deux cadres de Goodyear. Ces derniers ont été retenus durant trente-six heures entre le 6 et le 7 janvier 2014 par des employés en colère qui venaient d’apprendre la fin des négociations et la fermeture du site.
Jugé en cour d’appel, après une première condamnation prononcée en janvier 2016, ce procès se tient sans plaignant. Goodyear, ainsi que les cadres concernés, ont en effet retiré leur plainte. Raison pour laquelle l’avocat général justifie l’implication du ministère public, qui « ne peut faire autrement » que d’attaquer « lorsque la dignité humaine est en jeu » : « Des gestes et des mots intolérables » ont été portés à l’égard des deux cadres retenus, « des salariés au même titre qu’eux, qui n’ont fait qu’exécuter les ordres et sont également victimes de la fermeture », lance même l’avocat général en direction du banc des prévenus.
Dans la salle, quelques soupirs retentissent, des yeux se lèvent vers le ciel, signe d’une
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Pour aller plus loin…
À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »