Yannick Jadot : « Je veux redonner de la crédibilité à l’écologie »

Il arrive en tête avec 35,61% des suffrages du premier tour de la primaire écologiste. L’outsider Yannick Jadot revient sur les raisons de ce succès.

Ivan Capecchi  • 19 octobre 2016
Partager :
Yannick Jadot : « Je veux redonner de la crédibilité à l’écologie »
© Yannick Jadot, au siège du parti EELV, le 19/10/2016.Photo : Ivan Capecchi.

Sur le fond, il n’y avait pas de vraies divergences entre les programmes des candidats. Qu’est-ce qui a fait la différence ?

Yannick Jadot : Ce qui a fait la différence, c’est que j’ai souhaité parler vrai. Y compris sur la trajectoire de relance de l’écologie politique. Je veux remettre l’écologie au cœur de notre discours, de notre projet et, surtout, je veux lui redonner de la crédibilité. Et ce, grâce à mon expérience dans l’écologie politique et associative. Dans le cadre de l’écologie associative, j’ai dirigé les campagnes de Greenpeace, j’ai fait le Grenelle de l’environnement et j’ai poursuivi mon engagement dans l’écologie politique avec Europe écologie. Donc je souhaite redonner ce souffle ! Ce souffle qui a fait qu’à un moment donné, l’écologie politique était forte dans l’opinion publique, attisait la curiosité des Françaises et des Français et les ont amenés, potentiellement, à voter pour nous.

Cécile Duflot craignait l’effet « tout sauf Duflot ». C’est ce qu’il s’est produit, d’après vous ?

Je ne crois pas. Certainement, Cécile Duflot paie injustement les responsabilités qu’elle a exercées au gouvernement. Elle paie aussi, peut-être, une volonté de renouvellement à la tête de ce parti. Mais depuis des mois, je laboure le terrain de cette primaire, je suis allé dans beaucoup d’endroits à la rencontre des militants. Je crois que c’est ça, aussi, qui a été payant pour moi.

Ce n’est pas la première fois qu’un « favori » est défait par un « outsider ». On se souvient de Nicolas Hulot face à Eva Joly. Comment expliquez-vous cela ?

Les écologistes sont des électeurs libres. Ils ne répondent pas à des scenarii conçus notamment par les médias qui disent : « Voilà, nous, de loin, comment on voit le scénario. » Les écologistes, quant à eux, n’auraient plus qu’à se plier à ce schéma-là. Je ne dis pas que Cécile Duflot était la candidate des médias. Je dis simplement que les électeurs de cette primaire ont réagi avec leur cœur et leur intelligence. Il faut écouter ce qu’ils ont dit.

Dans les trois prochaines semaines, que souhaitez-vous mettre en avant ?

Ma capacité à rassembler tous les écologistes. C’est ce que j’ai fait, dès le premier tour. J’ai été soutenu par l’ensemble des sensibilités de ce mouvement. Je veux continuer à rassembler les écologistes parce que, si l’on ne rassemble pas le mouvement de l’écologie politique et associative, on ne parviendra pas à convaincre que nos propositions sont les bonnes.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Je dis à Jean-Luc Mélenchon : viens dans la primaire ! »
La Midinale 3 février 2026

« Je dis à Jean-Luc Mélenchon : viens dans la primaire ! »

Trump, Kurdistan, Iran, proposition de loi sur la réquisition des bâtiments vacants, primaire de la gauche : Danielle Simmonet, députée de Paris, membre de L’Après, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
« Sans l’action publique, un tiers des Parisiens ne pourraient plus vivre dans la capitale »
La Midinale 2 février 2026

« Sans l’action publique, un tiers des Parisiens ne pourraient plus vivre dans la capitale »

La capitale peut-elle être une ville populaire ? Paris appartient-elle aux milliardaires ? Quel positionnement par rapport au projet de Sophia Chikirou ? Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche et des écologistes à la mairie de Paris, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Du Front national à Jordan Bardella, un système financier opaque
Extrême droite 30 janvier 2026 abonné·es

Du Front national à Jordan Bardella, un système financier opaque

Au procès en appel du FN- RN concernant les assistants parlementaires, les figures clés des finances décrivent un parti où personne n’assume les décisions. Derrière cette défense collective jurant sur la bonne foi, ce procès met en lumière un mode de fonctionnement financier en crise constante et opaque.
Par Maxime Sirvins
« Les maires tremblent en attendant de découvrir le niveau de réduction de leurs budgets »
Municipales 2026 30 janvier 2026 abonné·es

« Les maires tremblent en attendant de découvrir le niveau de réduction de leurs budgets »

Dans Maires, à quoi bon ? (Textuel, 2026), le sociologue David Guéranger analyse les limites du pouvoir d’un maire, sans cesse confronté aux contraintes budgétaires et au désengagement de l’État.
Par Lucas Sarafian