Fessenheim : enfumage politique

EDF a accepté l’indemnité proposée par l’État pour engager la fermeture de la centrale. Mais avec de fortes contreparties… et la perspective de voir le prochain gouvernement annuler le processus.

Patrick Piro  • 1 février 2017 abonné·es
Fessenheim : enfumage politique
© Photo : SÉBASTIEN BOZON/AFP

À trois mois de la présidentielle, la France vient de connaître le premier acte concret en vue de l’arrêt de la centrale de Fessenheim : mardi 24 janvier, le conseil d’administration d’EDF a adopté le protocole d’indemnisation négocié avec le gouvernement. Certes, la promesse de campagne n° 41 de François Hollande annonçait : « Je fermerai la centrale de Fessenheim », et le Président ne manquera pas de faire valoir qu’il a tenu parole, fût-ce in extremis, sur le fond. Pourtant, il s’agit bien là du dernier des reculs, à la fois capitulation de l’État et maquillage d’un mensonge politique de la part d’un président sortant qui aura traîné des pieds pendant tout son mandat. Ce qui vient d’être acté, « c’est du vent, juste pour amuser la galerie », affirme l’avocat Arnaud Gossement, spécialiste du droit environnemental. Revue de détails.

Est-ce si compliqué de fermer une centrale ?

À leur arrivée au pouvoir en 2012, les socialistes s’aperçoivent que l’État n’a tout simplement pas la main sur le nucléaire : il ne suffit pas à un président de « vouloir » fermer une centrale pour qu’EDF s’exécute docilement. Pourtant, l’État est actionnaire ultramajoritaire de l’entreprise, à hauteur de 85,6 %. Mais, situation schizophrénique, il léserait économiquement « son » entreprise par cette exigence, alors que

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Écologie
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