Nuit debout : Les traces  des places

Inscrit dans l’instant, privilégiant l’action au devenir, le mouvement du printemps 2016 a semé des graines, un esprit, un langage, des liens.

Ingrid Merckx  • 29 mars 2017 abonné·es
Nuit debout : Les traces  des places
© photo : Boris Allin / Hans Lucas / AFP

Que s’est-il joué au printemps 2016 sur la place de la République à Paris, puis sur d’autres places françaises et européennes ? « Des formes de politisation intenses comme au temps des sans-culottes et une défense de la démocratie sociale mise en cause par la loi travail, observe Mathilde Larrère, historienne des révolutions. En face : la démocratie représentative et son refus de reconnaître la moindre légitimité à ce qui n’est pas issu des urnes. On retrouve dans Nuit debout le combat classique du printemps 1793, de 1948, de la Commune, entre la place de la République et le Palais-Bourbon, avec un processus de délégitimation tout aussi classique exercé par la démocratie représentative sur la démocratie directe. »

Cette délégitimation perdure, à en croire les acteurs du mouvement, dans une tentative d’effacer ou de minimiser ce qu’il reste de Nuit debout depuis que les places se sont vidées. Mais à défaut, peut-être, d’avoir pu trouver une forme collective persistante, « l’esprit Nuit debout » qualifie une manière de poursuivre la réflexion et l’action politique.

« “Debout” devient une référence culturelle commune partagée et

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Société
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