En finir avec la « drague à la française »

Encore récemment niées, les violences sexuelles et sexistes sont désormais reconnues, malgré un réel retard culturel et politique.

Olivier Doubre  • 25 octobre 2017 abonné·es
En finir avec la « drague à la française »
© photo : JOHANNA LEGUERRE/AFP

Beaucoup n’en reviennent pas des chiffres qui, jour après jour, sont publiés concernant le harcèlement sexuel et plus largement les violences faites aux femmes. Au travail, dans la rue, et surtout dans le cercle familial ou amical. Le 20 octobre, dans un sondage Odoxa réalisé pour Le Figaro et France Info, 53 % des femmes interrogées affirment avoir été victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles et, pour les moins de 35 ans, la proportion s’élève à 63 %. Des chiffres terrifiants qui rendent compte d’un problème majeur au sein de la société française. Or, avant les révélations outre-Atlantique des multiples agressions du producteur de cinéma Harvey Weinstein sur des actrices, les témoignages et les accusations étaient bien moins nombreux, et souvent accueillis avec défiance.

Les associations féministes alertaient pourtant depuis de nombreuses années sur le sujet, fréquemment sans être entendues ou comprises. Et, même, le sujet a parfois été nié ou du moins minoré par certaines militantes historiques. On se souvient ainsi du débat qui suivit la parution du livre Galanterie française [1] de Claude Habib, intellectuelle se disant féministe. Vivement contesté par les mouvements féministes et LGBT, l’ouvrage reçut néanmoins un accueil plutôt positif dans certains milieux intellectuels. Son propos se voulait une défense de la séduction ou de la drague « à la française ». Il présentait l’Hexagone tel un lieu béni et unique où les femmes auraient eu droit à des

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