1,5 °C : Une question politique avant tout
Maintenir le réchauffement sous les 2 °C sera très difficile. Bien plus qu’un défi technologique, faire muter l’économie et les modes de vie dépend de la société et des décideurs.
dans l’hebdo N° 1521 Acheter ce numéro

Dans les tout derniers instants de la fameuse COP 21, conclue en décembre 2015 par la signature de l’accord de Paris sur le climat, une petite extension a été jointe au paragraphe des objectifs. Il est entendu depuis longtemps qu’il s’agit de ne pas dépasser 2 °C d’augmentation de la température planétaire moyenne, conformément aux préconisations de la communauté scientifique, qui explique qu’au-delà la dérive de l’ensemble du système climatique risque fort de conduire à des bouleversements incalculables (hausse de plusieurs mètres du niveau des mers, Amazonie transformée en savane, etc.). Mais les petits pays insulaires, notamment, qu’un monde à + 2 °C risque de voir disparaître, submergés par les océans, ont insisté pour que l’on mentionne une perspective plus exigeante : « Et poursuivre les efforts » vers l’horizon + 1,5 °C.
Le Giec a donc été saisi pour produire un rapport spécifique sur cette ambition, cernée par deux questions : quelle différence attendre de ce 0,5 °C gagné dans la bataille climatique ? Et comment y parvenir ?
La réponse à la première question est sans appel : il y a un univers d’écart entre les deux plafonds. Et si les chiffres varient, parfois largement, d’une étude à l’autre, selon la méthode ou le périmètre d’observation retenus, la tendance globale ne se dément pas. Résumé de Lucile Dufour, qui suit les négociations internationales au Réseau action climat (RAC) : « Chaque dixième de degré compte pour éviter des conséquences dramatiques pour les populations et la planète. » Et la compilation réalisée par le Giec, renforcée par les travaux parus depuis la date limite de réception que le