La méthode Jadot
Misant sur l’omniprésence de l’écologie dans le débat politique, le leader d’EELV ignore ses anciens alliés, et milite pour le dépassement du clivage gauche-droite. Une stratégie controversée, mais pour l’instant gagnante.
dans l’hebdo N° 1546 Acheter ce numéro

B ien entendu que les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation » ; « Nous poserons nos conditions à un contrat de gouvernement avec le prochain président de la Commission [européenne]_. Si on nous propose un programme qui améliore substantiellement le fonctionnement de l’Union et les politiques européennes, alors les Verts y apporteront leur soutien. »_ En relisant son interview au Point du 1er mars, Yannick Jadot, tête de liste d’Europe écologie-Les Verts pour les européennes de mai, se doutait-il que ses propos sonneraient à certaines oreilles comme une trahison de la gauche, et une tentative de récupération des électeurs centristes ? Son ancien allié de la présidentielle de 2017, Benoît Hamon, candidat de Génération·s, a d’emblée attaqué : « L’écologie politique, ça ne passera pas par le fait d’être ou de gauche un jour, ou de droite un autre », tandis qu’un des cadres du mouvement confiait ensuite à Politis : « À moins que cette déclaration soit pour gagner les voix des macronistes, je ne la comprends pas. » Pas en reste, Jean-Luc Mélenchon renchérissait quelques jours plus tard sur son blog : « Yannick Jadot retourne officiellement à ses convictions libérales bien connues des adhérents d’EELV. » Mais à quelque chose, malheur est bon. Car si la polémique permet aux rivaux d’EELV d’engager la bataille à gauche pour les européennes, elle sert aussi bien l’eurodéputé, candidat à sa