Dépasser la « tragédie de l’horizon »

Si les acteurs de la finance ont intégré les risques climatiques dans leurs opérations, c’est surtout pour assurer la stabilité à court terme du système. Et sans s’interroger sur leur activité.

Les sommets visant à concilier finance et climat se sont multipliés en France depuis la COP 21 en 2015. Gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de la stabilité financière du G20, Mark Carney avait tenu un discours devenu célèbre en appelant les acteurs financiers à prendre la mesure des risques climatiques : « Nous n’avons pas besoin d’une armée d’actuaires (1) pour nous dire que les impacts catastrophiques du changement climatique se feront sentir au-delà des horizons traditionnels de la plupart des acteurs. »

Et pourtant, le passage de la prise de conscience à l’intégration des risques climatiques dans les activités des institutions financières peine toujours à se faire. Dévaluation brutale de leurs actifs, faillite de leurs clients ou encore augmentation des poches d’inassurabilité, les risques climatiques pour les acteurs financiers sont multiples. Mais la « tragédie de l’horizon » demeure.

Si les risques climatiques se matérialisent déjà pour les acteurs financiers, avec par exemple une hausse des pertes liées aux événements climatiques pour les assureurs, leurs décisions quotidiennes sont toujours prises en fonction d’un horizon de quelques années avec, comme ultime facteur de décision, la rentabilité de court terme. D’où l’inquiétude grandissante des régulateurs. Le réseau de 34 régulateurs dont fait partie la Banque de France (2) vient d’appeler les acteurs financiers à une gestion renforcée des risques climatiques. La Banque d’Angleterre est même allée plus loin en avertissant que les exigences réglementaires seraient de plus en plus granulaires.

Cependant, la régulation prudentielle ne remplacera pas un encadrement par la loi des activités des acteurs financiers. Or, le recul du ministre français de l’Économie et des Finances sur son engagement à contraindre les acteurs financiers à arrêter tout soutien au charbon montre que ce n’est pas pour demain.

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