À Nantes, une maison du peuple pour reprendre le contrôle

À Nantes, des gilets jaunes ont transformé un collège désaffecté en un centre d’échange et d’entraide. Plus motivant que les samedis où ils se faisaient gazer, même s’ils risquent l’expulsion.

Romain Haillard  • 30 octobre 2019 abonné·es
À Nantes, une maison du peuple pour reprendre le contrôle
© Renz se dit engagé « à 300 % pour la Maison du peuple » de Nantes.

Le jaune fluo n’ouvre plus de brèche dans le quotidien des Nantais le samedi. Les manifestations ont peut-être trouvé une impasse. Mais, quand des portes se ferment, certains créent leurs propres ouvertures. Dans la rue du Chapeau-Rouge, à cinq minutes à pied de la place Royale, des parpaings murent l’accès d’un bâtiment, visiblement abandonné. Sur la grande façade délavée, un gilet gigantesque flotte, triomphant. Un peu plus haut, un portail, un klaxon à poire en guise de sonnette, puis un écriteau : « Maison du peuple ». Depuis le 5 octobre, une poignée de militants occupe le collège Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Un lieu pour vivre, lutter, converger, trouver du sens.

Sous le préau, une petite table de fortune réunit quelques occupants, tandis que d’autres s’activent à nettoyer et à aménager l’ancienne école. « Ici, contre un peu d’aide, tu peux dormir, manger et boire », expose simplement un homme au visage rond entouré d’une barbe hirsute et d’un bonnet. Renz a 37 ans. Il dit avoir pris un nouveau départ il y a quatre ans, mais reste taiseux sur son passé. Le plus important pour lui reste son engagement présent, « à 300 % pour la Maison du peuple », assure-t-il en hochant la tête. Derrière ce nom, les squatteurs n’inventent rien, mais remettent au

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Accusé d’assassinat, Loïk Le Priol se victimise face aux enquêteurs
Récit 4 septembre 2026

Accusé d’assassinat, Loïk Le Priol se victimise face aux enquêteurs

Le 7 septembre s’ouvrira le procès consécutif à la mort par balles de Federico Aramburú, rugbyman tué par des militants d’extrême droite en mars 2022. Parmi les accusés, Loïk Le Priol, ancien du GUD, qui a affirmé au cours de l’instruction avoir agi en légitime défense.
Par Pauline Migevant, Céline Martelet et Hugo Boursier
« L’État nous ignore » : surexploités cet été, les pompiers volontaires oubliés à la rentrée
Analyse 3 septembre 2026 abonné·es

« L’État nous ignore » : surexploités cet été, les pompiers volontaires oubliés à la rentrée

Ils représentent près de 78 % des effectifs, assurent 66 % des interventions, mais sont exclus des discussions sur le très attendu projet de loi sur la sécurité civile. Les deux syndicats de sapeurs-pompiers volontaires revendiquent simplement le droit de s’exprimer.
Par Elina Barbereau
Cyber-attaques : l’École n’a pas de « plan B »
Analyse 2 septembre 2026 abonné·es

Cyber-attaques : l’École n’a pas de « plan B »

L’Éducation nationale a subi sa troisième effraction numérique de l’année, avec à la clé des données évanouies dans la nature. En cette rentrée, faute d’outils adaptés, de nombreux profs bricolent pour pallier le manque d’anticipation de l’institution.
Par Maxime Sirvins
Fuites de données : tous vulnérables mais pas tous égaux
Enquête 2 septembre 2026

Fuites de données : tous vulnérables mais pas tous égaux

Après une série de piratages massifs, administrations et entreprises appellent leurs usagers à la vigilance. Mais comprendre le risque, déjouer une arnaque, surveiller ses comptes ou faire valoir ses droits exige des ressources inéquitablement réparties.
Par Maxime Sirvins