À Nantes, une maison du peuple pour reprendre le contrôle
À Nantes, des gilets jaunes ont transformé un collège désaffecté en un centre d’échange et d’entraide. Plus motivant que les samedis où ils se faisaient gazer, même s’ils risquent l’expulsion.
dans l’hebdo N° 1575 Acheter ce numéro

Le jaune fluo n’ouvre plus de brèche dans le quotidien des Nantais le samedi. Les manifestations ont peut-être trouvé une impasse. Mais, quand des portes se ferment, certains créent leurs propres ouvertures. Dans la rue du Chapeau-Rouge, à cinq minutes à pied de la place Royale, des parpaings murent l’accès d’un bâtiment, visiblement abandonné. Sur la grande façade délavée, un gilet gigantesque flotte, triomphant. Un peu plus haut, un portail, un klaxon à poire en guise de sonnette, puis un écriteau : « Maison du peuple ». Depuis le 5 octobre, une poignée de militants occupe le collège Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Un lieu pour vivre, lutter, converger, trouver du sens.
Sous le préau, une petite table de fortune réunit quelques occupants, tandis que d’autres s’activent à nettoyer et à aménager l’ancienne école. « Ici, contre un peu d’aide, tu peux dormir, manger et boire », expose simplement un homme au visage rond entouré d’une barbe hirsute et d’un bonnet. Renz a 37 ans. Il dit avoir pris un nouveau départ il y a quatre ans, mais reste taiseux sur son passé. Le plus important pour lui reste son engagement présent, « à 300 % pour la Maison du peuple », assure-t-il en hochant la tête. Derrière ce nom, les squatteurs n’inventent rien, mais remettent au
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Pour aller plus loin…

« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »

Depuis le 17 octobre, la surenchère autoritaire

Un étudiant enfermé au CRA de Vincennes après son interpellation en marge d’une manifestation







