Droit de retrait : les patrons du BTP s’y mettent

Après plusieurs alertes sur l’impossibilité de sécuriser les chantiers du BTP, deux grandes fédérations patronales du secteur appellent leurs adhérents à cesser leurs activités.

Nadia Sweeny  • 19 mars 2020
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Droit de retrait : les patrons du BTP s’y mettent
© Photo : ERIC CABANIS / AFP

La Fédération Française du Bâtiment et la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment, deux principales organisations patronales du bâtiment ont appelé ce jeudi à l’arrêt des chantiers.

Cris d’orfraies des membres du gouvernement devant cette fronde : Muriel Pénicaud fustige, sur LCI, ce « manque de civisme » de la part des organisations, dont le secteur est le premier employeur de France. Lors d’une réunion de crise, un ministre a même accusé lesdites fédérations de vouloir profiter des aides au chômage partiels.

« Insultant » s’émeut Jacques Chanut, président de la FFB qui détaille les problématiques rencontrés par le secteur : « La fourniture de matériaux s’interrompt dans de nombreux endroits, les forces de l’ordre enjoignent à nos salariés de quitter les lieux, les clients refusent l’accès aux chantiers et – c’est le plus important au final – nos salariés sont légitimement inquiets pour leur santé. »

De son côté, Christophe Castaner, dans un courrier envoyé aux préfets mercredi 17 mars, juge que cette « activité qui les oblige à (…) travailler en extérieur doit évidemment se poursuivre ».

« C’est méconnaître totalement les métiers du BTP », répond Patrick Liébus, président de la CAPEB pour qui les conditions de travail ne permettent pas de répondre aux obligations sanitaires notamment dans le cas de « travail chez des particuliers confinés », de « partage d’espaces de travail restreints sur les chantiers de construction ou de rénovation avec l’interaction de plusieurs corps d’état » attestant par ailleurs que beaucoup de chantiers « ne disposent pas de base vie répondant aux nouvelles exigences sanitaires qu’impose cette crise ».

Les entrepreneurs et artisans alarment également sur « l’impossibilité de se procurer des moyens de protection individuelle (gels voire masques…) que l’on ne peut pas remplacer par d’autres moyens. »

Mais le gouvernement ne veut, pour le moment rien entendre poussant la crise à son paroxysme. « Le mépris affiché à notre égard depuis hier par les pouvoirs publics, dans le contexte que nous traversons, est d’une déloyauté sans nom, écrit Jacques Chanut. Plutôt que de jeter l’opprobre sur tout un secteur, en l’accusant dans les médias de désertion, efforçons-nous de trouver ensemble une ligne claire et cohérente. Et vite ! »

Santé
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