William Karel, l’homme cinéma

Le documentariste signe un portrait intime consacré à Isabelle Huppert. Un pas de côté pour cet immense bonhomme passé de l’usine à l’image animée après un détour par la photo.

Nom ? « Huppert. Avec un H, deux P et un T. » Prénom ? « Isabelle. » Profession ? « Comédienne. » La plus grande ambition ? « Toutes. » La messe est déjà dite. Isabelle Huppert est encore une gamine ; elle débute. Elle sait déjà où elle veut aller. « Comment devient-on acteur ou actrice ? » Elle ne se souvient pas vraiment. C’est peut-être sa mère qui en a eu l’idée. Enfant, Huppert a beaucoup été filmée par son père. Ce même père qui projette à la maison Laurel et Hardy, Chaplin. La môme Huppert est inscrite au conservatoire de Versailles. « Je ne veux pas être modeste, me contenter d’un petit morceau. » Hasard d’un talent précoce, elle tourne d’emblée avec des pointures. Claude Sautet, dans César et Rosalie, en petite sœur de Romy Schneider, accompagnée d’Yves Montand et de Sami Frey. Bertrand Blier, dans Les Valseuses, rôle de transgression et de révolte, encadrée par Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere.

Il existe pires apprentissages lorsqu’on aime se « laisser embarquer par un personnage dans de multiples directions ». Au reste, « on ne joue pas un personnage, on joue une personne. Un personnage, c’est limité, une personne, c’est plus vaste ». Entre l’équilibre et le déséquilibre. À l’écran, ça donne La -Dentellière (1977), de Claude Goretta, puis Violette Nozière (1978), de Claude Chabrol. De victime en bourreau, Isabelle Huppert a rapidement élargi sa palette. « Être actrice, c’est transformer en excellence ce qui ne l’est pas. La fragilité en force, la timidité en assurance. C’est un peu l’art de réchauffer les restes. »

Voilà quelques ingrédients qui ouvrent ce nouveau documentaire de William Karel, Isabelle Huppert, message personnel. Des ingrédients qui saisissent les grains de folie chez Huppert, sa capacité à rehausser une hallucination du réel, du côté de l’hystérie, de la malice exacerbée et de l’extravagance. William Karel multiplie les recours : aux extraits de film, aux entretiens auxquels l’actrice s’est prêtée depuis le début de sa carrière, aux images familiales.

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