Ce que traduit le relatif succès de la Primaire populaire…

Les inscriptions pour ce vote d’investiture dont les règles n’ont cessé d’évoluer témoignent d’une aspiration à un sursaut rassembleur.

Michel Soudais  • 26 janvier 2022
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Ce que traduit le relatif succès de la Primaire populaire…
© Xose Bouzas/Hans Lucas/AFP

Les jeunes organisateurs de la Primaire populaire exultent. Dimanche, à minuit, 467 000 citoyen·nes s’étaient inscrit·es pour voter en ligne du 27 au 30 janvier afin de désigner, parmi sept personnalités de gauche, celle qui sera soutenue. « C’est le plus grand processus de départage de candidats en France, il ne peut pas être ignoré », se félicite Mathilde Imer, une de ses deux porte-parole. Le nombre des inscrits, qui était de 120 000 au 10 janvier, s’est accéléré avec l’arrivée officielle dans la campagne de Christiane Taubira, le 15 janvier. Avec également un battage médiatique, non dénué d’arrière-pensées, et une tribune de cent dix personnalités du monde de la culture, dont l’actrice Juliette Binoche et le réalisateur Jean-Marc Barr. Publiée par le magazine Les Inrocks, elle appelait les citoyen·nes à s’inscrire et à voter en nombre.

Certes, le chiffre dépasse largement les 22 000 militants PS de l’investiture socialiste, les 122 000 participants à la primaire écologiste et même les 278 000 parrainages militants de Jean-Luc Mélenchon. En cela, il témoigne d’une aspiration à un sursaut rassembleur face à la menace des droites réactionnaires et identitaires. Mais, en 2017, la primaire de la « belle alliance populaire » réunissait plus de deux millions de votants avec des conditions d’inscription et de participation bien plus contraignantes. Et des règles plus claires que celles de la Primaire populaire, qui n’ont cessé d’évoluer.

Celle-ci s’est d’ailleurs muée en « investiture ». Une primaire nécessite l’accord des candidats pour y participer (Jadot, Mélenchon et Hidalgo ont clairement refusé d’en être), des débats entre eux et leur engagement à se retirer en faveur du vainqueur. Pour un vote d’investiture, « pas besoin » de tout ça, expliquait dimanche Samuel Grzybowski. Le scrutin se passera même d’assesseurs mandatés par les candidats. Une Haute Autorité de contrôle du vote{: target= »blank » }, composée de sept membres nommés par les organisateurs, est censée en assurer la régularité ; elle a remplacé la Haute Autorité de la Primaire populaire initialement formée de quinze membres, qui n’ont pas été prévenus de ce changement.

Dévoilé ce week-end, le « contrat de rassemblement », à signer par le vainqueur, comprend deux clauses : _« inclure, a minima, l’esprit du socle commun » rédigé par l’équipe de la Primaire populaire dans son programme ; « faire une place, avant le 1er tour, aux non-victorieux qui le souhaitent au sein de sa propre équipe de campagne ». Le résultat du vote sera connu le 30 janvier à 18 h 30.

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