Immigration : la gauche cherche sa voix

À quelques semaines de la présentation du projet de loi de Gérald Darmanin sur l’asile et l’immigration, la gauche est attendue au tournant. Souvent jugée non crédible et taxée de laxiste sur le sujet, la gauche saura-t-elle enfin faire valoir ses propres positions ?

Michel Soudais  • 21 juin 2023 abonné·es
Immigration : la gauche cherche sa voix
Rassemblement contre l’opération Wuambushu, le 16 avril, place de la République à Paris.
© Gauthier Bedrignans / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP.

Est-ce du désintérêt ? La crainte de heurter ses électeurs ? Alors que le gouvernement et la droite affichent leurs projets, toujours plus répressifs, pour tenter d’enrayer l’arrivée de nouveaux migrants, alors que l’extrême droite et des médias avides de sensationnalisme s’emparent de tous les faits divers pour asseoir un discours xénophobe et sécuritaire sur la peur, la gauche paraît aux abonnés absents. Presque inaudible sur l’immigration, sujet sur lequel elle est accusée de laxisme. Au mieux sur la défensive, comme si elle était réduite à ne se positionner qu’en fonction de l’agenda de ceux qui activent la peur des étrangers.

Un constat injuste pour les élus de la Nupes que nous avons interrogés. « Nous avons interpellé plusieurs fois Gérald Darmanin en commission et par des interventions à l’Assemblée nationale », se défend Benjamin Lucas, député des Yvelines (Génération·s) et chef de file du groupe écologiste sur le futur projet de loi des ministres de l’Intérieur et du Travail. « On a eu en décembre, à l’Assemblée nationale et au Sénat, des débats généraux (sans vote) sur la politique d’immigration et d’asile, qui ont été l’occasion pour nous d’affirmer nos grands principes et les trajectoires qu’il faudrait suivre », rappelle quant à lui Boris Vallaud, le président du groupe des députés socialistes.

« Dire que la gauche ne dit rien, ce n’est pas vrai », s’insurge Danièle Obono. La députée (La France insoumise) de Paris garde un souvenir amer de la précédente loi asile et immigration en 2018 : son groupe avait alors « présenté une brochure qui rassemblait ce qu’[il] défendait face à la loi Collomb, cela n’a intéressé personne ». Plus tard, se souvient-elle, « on a mené une campagne pour un accueil digne ; on s’était rendu dans les zones d’attente », en ne suscitant qu’une identique indifférence médiatique. Ces derniers mois, la gauche a pourtant délaissé ce terrain. Les socialistes, qui avaient engagé « un travail d’auditions important de spécialistes du droit des étrangers, de sociologues, d’historiens, de démographes et d’élus locaux », en prévision de la bataille annoncée sur une nouvelle loi – la 29e en quarante ans ! – portée par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, reconnaissent avoir « concentré toutes [leurs] forces » sur la bataille des retraites. De toute façon, « rien d’autre n’était audible », explique Boris Vallaud.

Un point de vue partagé par l’ensemble des forces de la Nupes. Ian Brossat y ajoute une considération supplémentaire. Le porte-parole du PCF « assume le fait de ne pas mettre l’immigration au cœur

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Politique
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Immigration : la gauche cherche sa voix
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