Contre la confusion, soutenez Politis

À l’heure où les pyromanes de salon brouillent tous les repères, où tout se vaut et où le macronisme nous noie, il faut des médias portant une voix indépendante, claire et intelligible. Politis, qui lance sa campagne de dons annuelle, a besoin de vous pour continuer à y prendre sa part.

Agnès Rousseaux  • 15 novembre 2023
Partager :
Contre la confusion, soutenez Politis

Nous nageons dans une grande confusion. Un abîme d’ambiguïtés, de petites phrases tordues, de mots vidés de leur sens, de discours manipulateurs qui veulent faire entrer tout et son contraire dans nos cerveaux, parfois rendus disponibles par des années d’usure. Certains jours, comme ces jours-ci, nous nous enfonçons un peu plus profondément. Dans ce moment où nos responsables politiques – occupés à voter des lois abjectes sur l’immigration, dictées par la peur de l’étranger et la négation de son égale dignité – invitent à manifester contre « les porteurs de haine ». En pointant du doigt – à juste titre – l’islamisme, mais sans citer l’extrême droite, pourtant principal vecteur de diffusion de l’antisémitisme. Sans utiliser une seule fois, dans leur appel à marcher contre l’antisémitisme, le terme de racisme.



Ce moment où le RN s’érige en protecteur des juifs de France, se targuant d’être un modèle de lutte contre l’antisémitisme. Où Marine Le Pen serait « devenue éligible, fréquentable pour les juifs », selon le journal allemand Der Spiegel. Quand au même moment Jordan Bardella, président du RN, parti cofondé par d’anciens collaborationnistes et autres nostalgiques du IIIe Reich, ose affirmer que Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour antisémitisme et contestation de crime contre l’humanité, n’était pas antisémite.

Sur le même sujet : Antisémitisme : « Marine Le Pen a réussi son coup, plus rien n’accroche »

Le confusionnisme, c’est aussi Édouard Philippe qui affirme que la présence de Marine Le Pen à la marche dimanche dernier ne lui pose « aucun problème » ou l’ancien ministre Pierre Moscovici qui déclare que « Marine Le Pen n’est pas antisémite ». Quand la présence de l’extrême droite n’est pas seulement subie ou tolérée, mais acceptée. Mais que peut-on espérer quand, depuis des années, d’éminents responsables du parti macroniste distribuent des brevets de légitimation, affirment que Marine Le Pen est « trop molle », saluent son comportement « républicain » ou laissent enfler des débats dangereux sur un prétendu « islamogauchisme », devenu plus grand péril de la Nation ?

Dans ce maelstrom, nous avons besoin de boussoles. De principes énoncés avec clarté. D’analyses rigoureuses. D’informations fiables.

C’est sur tous les fronts que ce confusionnisme prospère. Des militants écologistes rebaptisés « écoterroristes » au « pognon de dingue » capté par les allocataires des minima sociaux, les pyromanes de salon brouillent tous les repères, pour d’obscures manœuvres tacticiennes. Tout se vaut, puisque plus rien n’a de sens. Le macronisme nous noie. Dans ce maelstrom, nous avons besoin de boussoles. De principes énoncés avec clarté. D’analyses rigoureuses. D’informations fiables. De briques solides sur lesquelles construire un autre récit audible. Nous avons besoin de médias qui portent une voix indépendante, claire et intelligible. Comme d’autres, l’équipe de Politis veut y prendre sa part. Pour avoir les moyens de continuer notre travail, nous lançons cette semaine notre campagne de dons annuelle. Votre aide sera décisive. Merci pour votre fidélité.

Recevez Politis chez vous chaque semaine !
Abonnez-vous
Publié dans
Parti pris

L’actualité vous fait parfois enrager ? Nous aussi. Ce parti pris de la rédaction délaisse la neutralité journalistique pour le vitriol. Et parfois pour l’éloge et l’espoir. C’est juste plus rare.

Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Marine Le Pen ne veut pas de Jordan Bardella à l’Élysée
Parti pris 7 juillet 2026

Marine Le Pen ne veut pas de Jordan Bardella à l’Élysée

En refusant de laisser son dauphin porter les couleurs du parti malgré ses déboires judiciaires, Marine Le Pen révèle une vérité politique longtemps masquée : au moment décisif, le RN demeure organisé autour d’un nom plus que d’un parti. Ce choix pourrait ouvrir une crise dont l’extrême droite ne mesure pas encore les conséquences.
Par Pierre Jacquemain
Marine Le Pen et le piège du bracelet
Parti pris 7 juillet 2026

Marine Le Pen et le piège du bracelet

En permettant l’éligibilité de la cheffe de file du RN, tout en confirmant sa condamnation, la justice place la dirigeante du RN face à ses propres déclarations. Quel que soit son choix, le coût politique s’annonce élevé.
Par Pierre Jacquemain
Le cul-de-sac Roussel
Parti pris 7 juillet 2026

Le cul-de-sac Roussel

Un constat à l’aune du 40e congrès du Parti communiste français, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête : plus la formation politique s’affaiblit électoralement, plus il fait de l’affirmation de son autonomie une fin en soi. L’histoire du communisme français raconte pourtant l’inverse.
Par Pierre Jacquemain
Canicule : quand médias et politiques rejouent les pires répliques des films catastrophe
Réchauffement climatique 30 juin 2026

Canicule : quand médias et politiques rejouent les pires répliques des films catastrophe

La séquence médiatique autour de l’épisode majeur de canicule de juin a dépassé la fiction des films catastrophe. Politiques, journalistes et chroniqueurs ont excellé dans le pire, du déni au mépris des scientifiques.
Par Céline Martelet et Juliette Heinzlef