Ce que Lucie Castets et le NFP prévoient pour « une école émancipatrice et égalitaire »

Malgré le refus d’Emmanuel Macron de nommer Lucie Castets à Matignon, celle qui a été choisie par le NFP pour occuper le poste de première ministre a développé, en ce jour de rentrée, ses « six mesures pour réparer l’école ».

Hugo Boursier  • 2 septembre 2024 abonné·es
Ce que Lucie Castets et le NFP prévoient pour « une école émancipatrice et égalitaire »
Lucie Castets, lors d'une visite à La Courneuve, le 2 septembre 2024, à l'occasion de la rentrée scolaire.
© Thibaud MORITZ / AFP

Tâcher de se faire entendre malgré le brouhaha des noms qui défilent pour Matignon. C’était toute la mission de Lucie Castets en ce jour de rentrée scolaire. À la mairie de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, celle qui a été choisie comme candidate par le Nouveau Front populaire pour être première ministre est venue développer son projet d’une « école pour tous les enfants ». Du moins, essayer de le faire.

On veut montrer que le NFP est prêt à gouverner, quelle que soit la décision finale de l’Élysée.

L. de Cock

« Que vous évoquent les noms de Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand ou Thierry Beaudet ? », lui demandent d’emblée les journalistes, citant les personnalités reçues à l’Élysée ce début de semaine ou flottant dans l’air, à l’image de Thierry Beaudet, président du CESE, pour Matignon. « Le NFP n’est pas dans une position d’attente. Les Français veulent que leur vie change. C’est pour cette raison que l’on continue de travailler », répond l’intéressée, avant d’être relancée sur ce sujet à trois reprises.

Travaux estivaux

« Ce n’est pas une question personnelle », finit par éluder celle qui voit ses chances d’arriver à Matignon s’éteindre jour après jour. Aurélie Trouvé, députée de la 9e circonscription du département, tente de recentrer ces premiers échanges autour du sujet du jour : l’éducation. Parce qu’en Seine-Saint-Denis, plus qu’ailleurs - le département est le plus pauvre de l’Hexagone - la rentrée s’organise dans des conditions déplorables.

Manque de 500 enseignants, saturation des lycées professionnels, part importante de contractuels moins bien formés, locaux délabrés, etc. : la liste est longue des dysfonctionnements de l’Éducation nationale, malgré la mobilisation inédite des parents d’élèves et des professions de l’Éducation nationale au printemps. « En Seine-Saint-Denis, explique Aurélie Trouvé, réélue députée dans la 9e circonscription, un enfant sur deux qui est en situation de handicap n’a pas d’AESH ».

Venue avec les responsables éducation du NFP (1) et les organisations syndicales, Lucie Castets avait à cœur de montrer que ce programme pour l’école a été nourri par ce qui fonde le NFP : la société civile, les syndicats et les partis politiques de gauche. C’est sur ces trois piliers qu’un groupe de travail a été fondé au milieu de l’été. Parmi les noms issus de la société civile figurent plusieurs chercheurs indépendants des partis, dont l’enseignant en sciences économiques, Emmanuel Zemmour, l’économiste spécialiste des politiques éducatives, Élise Huillery, et l’historienne Laurence de Cock.

Ces expert·es ont été contacté·es par Arnaud Bontemps, fondateur et co-porte parole du collectif Nos services publics - dont Lucie Castets est aussi issue. « Nous avons travaillé sur la base du programme du Nouveau Front populaire pour examiner les mesures qui étaient les plus prioritaires, en dialogue permanent avec les référents éducation de chaque parti », explique Laurence de Cock. « Recrutement des enseignants, gratuité de l’école, fin des inégalités, bien-être des élèves, mixité sociale. On veut montrer que le NFP est prêt à gouverner, quelle que soit la décision finale de l’Élysée », poursuit l’essayiste.

Ces réflexions se sont élaborées alors

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