« Pour une minute de silence, on m’annonce que je suis suspendue »

Dans l’Yonne, le rectorat a refusé un hommage pour les victimes à Gaza. Pour une minute de silence, une professeure de physique-chimie a été suspendue, en plus d’être visée par une procédure disciplinaire.

Hugo Boursier  et  Pauline Migevant  • 28 mai 2025 abonné·es
« Pour une minute de silence, on m’annonce que je suis suspendue »
© Alireza Hashemi / Unsplash

Convoquée, sanctionnée, suspendue. Quand cette professeure de physique-chimie du lycée Janot-Curie, à Sens (Yonne), répond favorablement à la demande de ses élèves d’organiser une minute de silence pour les victimes à Gaza, elle ne s’attendait pas à subir cette « censure ».

Pour cette minute, tenue pendant la récréation pour ne pas contraindre toute la classe d’y participer si certains élèves ne voulaient pas, le rectorat lui reproche d’avoir manqué à son devoir de neutralité et son devoir de réserve.

« On a considéré que mon geste était partisan. Pourtant, ce n’était que de l’empathie pour toutes ces victimes. Ai-je été sanctionnée pour mon empathie ? », interroge, encore sonnée, l’enseignante. Pour Politis, elle revient sur les événements et analyse la manière dont l’Éducation nationale tente de « museler la liberté pédagogique » sur ce sujet.

Vous êtes visée par une procédure disciplinaire, en plus d’avoir été suspendue de votre établissement, pour avoir organisé une minute de silence pour les enfants morts à Gaza. Que s’est-il passé ?

On prend mes clefs, on me demande de partir. Même mon casier a été remplacé.

Le 18 mars, Israël a rompu le cessez-le-feu. Ce jour-là, il y a eu 400 morts, dont 117 enfants. C’était une journée terrible. Le lendemain, j’ai dit à mes élèves que je me tenais disponible pour en parler avec eux s’ils le souhaitaient. C’est un événement traumatisant. D’autres sont intéressés par l’actualité et y sont sensibles. Un groupe d’élèves m’a dit qu’ils étaient plusieurs

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Les syndicats de journalistes de plus en plus pris pour cible
Presse • 25 septembre 2026 abonné·es

Les syndicats de journalistes de plus en plus pris pour cible

Depuis plusieurs semaines, ces organisations sont accusées d’être des ennemies du pluralisme, d’entretenir des biais idéologiques. Des attaques en provenance de politiques de droite et d’extrême droite mais également d’éditorialistes, de journalistes présentateur·trices. Un virage inquiétant.
Par Céline Martelet
À Nantes, l’opposition au projet de CRA hausse le ton après le passage en force de l’État
Luttes • 24 septembre 2026 abonné·es

À Nantes, l’opposition au projet de CRA hausse le ton après le passage en force de l’État

En Loire-Atlantique, défenseurs des droits humains et défenseurs de l’environnement s’allient pour tenter d’interrompre la construction d’un centre de rétention administrative dans un bois et sur une zone humide.
Par Mathilde Doiezie
Au CRA de Toulouse, une série de tentatives de suicide sur fond d’allongement des délais de rétention
Récit • 22 septembre 2026 abonné·es

Au CRA de Toulouse, une série de tentatives de suicide sur fond d’allongement des délais de rétention

Au CRA de Cornebarrieu, près de Toulouse, plusieurs personnes ont tenté de se suicider depuis fin août, après l’entrée en vigueur de la loi qui prolonge la durée maximale de rétention de 90 à 210 jours. Des actes de désespoir ont été relevés dans d’autres CRA.
Par Pauline Migevant
Violences sexuelles : face au silence de la justice, elle demande le suicide assisté
Récit • 22 septembre 2026 abonné·es

Violences sexuelles : face au silence de la justice, elle demande le suicide assisté

Depuis 2012, Delphine Huet accuse de viol son supérieur dans la police. Après un non-lieu, elle dénonce un système qui détruit les plaignantes, et se tourne vers le suicide assisté en Belgique.
Par Zoé Grandjacques