Petit manuel d’émancipation maternelle

Dans son essai Maternités rebelles, Judith Duportail raconte et théorise un choix qu’elle a fait à 36 ans. Celui de « faire famille autrement » en devenant mère célibataire de jumeaux, loin des carcans patriarcaux.

Salomé Dionisi  • 9 octobre 2024 abonné·es
Petit manuel d’émancipation maternelle
© Jenna Cristina / Unsplash

L’intime est politique. Ce slogan qui accompagne les luttes féministes depuis les années 1970, Judith Duportail en a fait un mode de vie. Maternités rebelles (Binge Audio Éditions), c’est le récit de son parcours de PMA. C’est aussi et surtout un essai finement documenté sur la maternité des femmes célibataires, ou mères « solas » selon les termes de l’autrice. Les plus conservateurs penseraient qu’un récit de maternité – du choix d’un donneur de sperme au déroulé d’un d’accouchement – flirterait avec l’impudeur. Ils s’y tromperaient. Chaque scène de vie racontée met en lumière un impensé politique. Théorie et pratique, toujours imbriquées.

Le célibat, loin des représentations culturelles sexistes, est un droit aussi précieux que celui d’avorter.

J. Duportail

Chez Judith Duportail, les convictions féministes poussent à prendre des décisions émancipatrices. Comme celle, donc, de se lancer dans un processus de PMA en tant que femme hétérosexuelle célibataire. Le sujet du célibat occupe une place centrale dans Maternités rebelles. « Nos grands-mères ne sont pas restées toute leur vie avec leur mec par amour, mais parce qu’elles n’avaient pas de compte en banque, pas de taff, qu’elles étaient dépendantes. […] Le célibat, loin des représentations culturelles sexistes, est un droit aussi

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Société
Publié dans le dossier
Sortir les mères isolées de l’ombre
Temps de lecture : 4 minutes

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