À Mayotte, « le matin, j’ouvre les yeux et je pleure »

Après le passage du cyclone Chido, l’île est dévastée. Si les autorités ne dressent aucun bilan humain pour le moment, les dégâts matériels et humains sont inédits depuis près d’un siècle. Et les dangers à venir (manque d’eau, épidémies…) pourraient ne rien arranger au désastre.

Florian Lefèvre  • 17 décembre 2024 abonné·es
À Mayotte, « le matin, j’ouvre les yeux et je pleure »
Mayotte, le 16 décembre 2024, après le passage du cyclone dévastateur Chido
© Securite Civile / AFP

« On nous dit que les renforts arrivent, mais chez nous on ne voit personne. » Joints au téléphone par Politis lundi et mardi matin - quand ils parviennent à trouver du réseau -, plusieurs habitants de Mayotte témoignent de la situation d’urgence absolue, quelques jours après le passage dévastateur du cyclone Chido.

Dimanche soir, au lendemain de la catastrophe, le préfet du 101e département français - situé dans l’archipel des Comores, dans le canal du Mozambique de l’Océan indien - annonçait s’attendre à « plusieurs centaines de morts », « peut-être » un « voire quelques milliers », en particulier parmi les populations les plus vulnérables.

Une source proche des autorités citée par l’Agence France Presse estimait que « peu d’habitants en situation irrégulière » avaient rejoint les centres d’hébergement avant le passage du cyclone, « sans doute de peur d’être contrôlés » par la police aux frontières et d’être expulsés du territoire.

https://twitter.com/RemiCarayol/status/1868310333682852142

L’arrivée sur place du ministre démissionnaire de l’Intérieur Bruno Retailleau lundi matin a été vite relayée dans l’Hexagone – à 8 000 km du chef-lieu Mamoudzou. La nouvelle de cette présence ministérielle a mis plus de temps à quadriller l'archipel plus de 20 fois plus petit que la Corse. Et pour cause, ce mardi, les habitants sont encore majoritairement privés d’eau, d’électricité et de réseau téléphonique.

À Grande-Terre, la principale île de l’archipel, seuls celles et ceux qui ont pu atteindre le centre de Mamoudzou, au nord-est de Grande-Terre, en s’improvisant taxi ou parfois au prix de plusieurs heures de marche, ont pu donner des nouvelles à leurs proches dans les heures qui ont suivi. Mardi matin, les habitants du sud ont su que le réseau était revenu autour d’une antenne-relais dans le village de Hamouro. Une file de voitures s’est alors étirée sur plusieurs kilomètres. El Akmi Noudjoumouddine y était.

La solidarité s'organise, malgré l'absence de l'État

À Ouangani, la commune où il réside - la seule de Mayotte à ne pas toucher le littoral -, la solidarité s’organise malgré l’absence de l’État. « Avant que la viande ne commence à

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