De Strasbourg à Fouesnant, des actions pour « désarmer Bolloré »

Du 29 janvier au 2 février, de nombreux militant·es se sont mobilisé·es partout en France pour dénoncer les activités néfastes du groupe du milliardaire Vincent Bolloré et son influence sur la montée de l’extrême droite dans le pays.

Vanina Delmas  • 3 février 2025 abonné·es
De Strasbourg à Fouesnant, des actions pour « désarmer Bolloré »
Action à Arles, dans le cadre de la campagne "Désarmer Bolloré".
© Désarmer Bolloré

« Extrême droite, hydrocarbures. Bolloré nous pollue », « Non à l'empire du pire »,  « La bollo c'est dans les pâtes, pas dans les médias », « Bolloré casse-toi, la Bretagne t'aime pas ! » Des banderoles aux messages pleins d'humour et de radicalité ont été déployées dans de nombreuses villes de France, lors de la campagne "Désarmer Bolloré" qui a eu lieu du 29 janvier au 2 février.

À l'appel d'une centaine d'organisations (Attac, Solidaires, Action Justice Climat, Sud-Rail, Alternatiba, Action antifasciste Paris-Banlieue, Les Soulèvements de la Terre, SNJ-CGT, etc.), de multiples sites du groupe Bolloré ont été le décor de manifestations, d'actions de désobéissance civile, de bals, et d'opération de sensibilisation à destination du grand public. Cette campagne est en réflexion depuis le coup de massue reçu par la gauche cet été, au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale et des élections législatives.

Elle a été soigneusement pensée pour trouver un nom et des lieux à cibler qui incarnent la menace, désormais très proche, de l'extrême droite au pouvoir : Vincent Bolloré et toutes les branches de son groupe. En effet, l'objectif de cette campagne était de n'épargner aucun des secteurs clés de « l'empire Bolloré » qui a bien évolué au fil des décennies : extractivisme et énergies fossiles, agro-industrie, industries techno sécuritaires, conglomérat médiatique et culturel… Les organisateurs·trices de la campagne revendiquent « plus de 70 surgissements » à travers la France et la Belgique.

Les entrepôts pétroliers de Bolloré Energy ont ainsi été ciblés à Strasbourg, dans le Loiret, dans la Nièvre ou dans la zone du Futuroscope, près de Poitiers où une parade carnavalesque a réuni près de 300 personnes, malgré les menaces d'interdiction de manifester de la préfecture de la Vienne. À Tours, une opération antipub visait à informer que l’entreprise JCDecaux, omniprésente dans l’espace public, est membre du réseau Bolloré, à travers la société JCDecaux Bolloré Holding.

Action à Chasseneuil-du-Poitou, commune sur laquelle se trouve en partie le Futuroscope. (Toutes photos : Désarmer Bolloré.)

La collusion avec la recherche publique et les intérêts privés de Bolloré a été dénoncée par des rassemblements à Montpellier, où le Cirad travaille sur l'amélioration génétique de palmiers à huile, main dans la main avec la Socfin, qui détient des milliers d'hectares en Afrique et en Asie, et dont Bolloré est actionnaire minoritaire.

À Grenoble, des actions ont visé l'université où se trouve un laboratoire, partenaire de Blue solutions, firme de Bolloré spécialisée dans la recherche de nouvelles batteries au lithium. Ils dénoncent la mise à disposition de fonds publics au service d'une filiale « qui prospère sur la croissance exponentielle de la production de

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