8 mars 2025 : « Le jour où le mouvement féministe a repoussé l’extrême droite »

Face à la venue annoncée de collectifs d’extrême droite ou soutien d’Israël, les collectifs du 8 mars s’étaient organisés pour faire de cette journée de lutte pour les droits des femmes un moment de lutte antifasciste.

Pauline Migevant  • 9 mars 2025 abonné·es
8 mars 2025 : « Le jour où le mouvement féministe a repoussé l’extrême droite »
Les féministes ont retardé le départ de leur manif et occupé longtemps la Place de la République pour empêcher des collectifs d’extrême droite ou soutien d’Israël de rejoindre leur cortège.
© Pauline Migevant

Il fait grand soleil en ce début d’après-midi du 8 mars. Place de la République, l’effervescence est classique avant que la manifestation ne commence. Une fanfare s’entraîne. Les Rosies sont déjà debout sur leurs chars. Des cortèges distribuent des pancartes. Au milieu des milliers de personnes rassemblées pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, des personnes grimpent sur la statue de la république histoire de la revêtir d’un gilet violet : « Patriarcat / écocide / féminicide. »

8 mars on arrête tout. Surtout les fascistes et les sionistes.

Appel en amont de la manifestation

Mais dans ce rassemblement annuel, les pancartes appelant à lutter contre le fascisme sont plus nombreuses que les années précédentes. La lutte contre l’extrême droite est le mot d’ordre de la manifestation, alors que la dissolution de l’Assemblée en juin dernier a laissé entrevoir la possibilité de l’arrivée au pouvoir du fascisme. Mais l’enjeu est aussi d’empêcher certains collectifs d’intégrer les cortèges de la manifestation. Sous des couvertures de survie transformées en drapeaux, certains manifestants inverti.es, collectif LGBT marxiste, portent une pancarte « Pas de manif pour les fachos, pas de fachos dans nos manifs ». « Antifascistes tant qu’il le faudra », affirme leur banderole.

« Ni une surprise ni un piège »

Au recto des pancartes d’Urgence Palestine, un appel à la libération de prisonnières palestiniennes. Sur l’autre face, un slogan : « 8 mars on arrête tout. Surtout les fascistes et les sionistes. » C’était l’intitulé d’un texte écrit par les militantes de Samidoun et Urgence Palestine, signé par de nombreux collectifs et diffusé sur les réseaux sociaux en amont de la manifestation. Il s’indignait du fait que le 23 novembre dernier, lors de la marche Nous Toutes, aient défilé « le cortège sioniste de Nous vivrons et le cortège fasciste de Némésis », pendant plus de 4 heures. « On a pu penser que ces fascistes n’étaient qu’une cinquantaine à défiler et que leur manifestation semblait moins importante que la bonne tenue de la mobilisation. En réalité, ce renoncement dit beaucoup de notre faillite face à la montée des idées racistes et fascistes qui gagnent en légitimité lorsqu’elles défilent sans encombre avec nous. »

On voit que d’années en années, Némésis prend de la confiance. (...) Si on les laisse faire, l’année prochaine il se passe quoi ?

Lisa

Pour Sofia, militante d’Urgence Palestine, le but de ce texte était « d’affirmer que la présence de ces groupes racistes et suprémacistes dans les manifestations féministes n’était plus ni une surprise ni un piège. Il fallait

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Société
Publié dans le dossier
Féminisme : ciao les fachos !
Temps de lecture : 10 minutes

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