Face à Sébastien Lecornu, les gauches cherchent le chemin de la censure
Les prises de position du nouveau premier ministre ont permis à la gauche de se réunir autour de l’idée d’une censure. Mais les divergences stratégiques entre les composantes de l’ex-Nouveau Front populaire ne disparaissent pas d’un claquement de doigts.

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Petit miracle. Les dernières prises de position de Sébastien Lecornu ont au moins réussi une chose : réaligner la gauche sur une envie de censure. Socialistes, écolos, communistes et insoumis imaginent la suite de la même façon : il est désormais difficilement envisageable d’épargner le locataire de l’hôtel de Matignon, en poste depuis plus de vingt jours sans avoir nommé de gouvernement, qui refuse de faire la moindre concession. Dans un entretien accordé au Parisien le 26 septembre, le premier ministre a dit non à tout. Le retour de l’impôt sur la fortune ? Pas question. La taxe Zucman ? Jamais. Revenir sur la réforme des retraites ? Inenvisageable.
En retour, la gauche chante en chœur. Fait rare. « Le premier ministre Lecornu vient de battre un record, celui du plus long délai de nomination d’un gouvernement, dit la patronne des députés insoumis, Mathilde Panot. Nous lui proposons de battre un nouveau record, celui du premier ministre le plus éphémère de toute l’histoire de la Ve République. » Le porte-parole du groupe écolo Benjamin Lucas lâche : « Toujours un enfermement obsessionnel et dogmatique dans l’idéologie austéritaire quoi qu’il en dise. »
J’ose espérer que ce n’est pas la copie que met sur la table Sébastien Lecornu pour ne pas être censuré.
R. Eskenazi« On a pris un coup de massue avec cet entretien au Parisien, avoue le porte-parole du groupe socialiste Romain Eskenazi. J’ose espérer que ce n’est pas la copie que met sur la table Sébastien Lecornu pour ne pas être censuré. » Le président du groupe communiste Stéphane Peu est d’accord : « On est vraiment dans la continuité, dans un budget Bayrou bis. Peut-être avec des discussions au Parlement. Mais avec des discussions au Parlement qui ne nous disent pas si elles aboutiront. »
Devant ce constat, Stéphane Peu se montre certain. « Tout ça nous amènera probablement, quand le gouvernement sera nommé, à discuter avec nos collègues du Nouveau Front populaire pour une censure rapide », estime-t-il. Mais à gauche, la moindre initiative unitaire semble être un Himalaya à gravir. Car si toutes les composantes de ce qui constituait en 2024 le Nouveau Front populaire savent que la censure est inéluctable, ils ne s’imaginent pas signer
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