Lecornu renommé : Macron, un forcené à l’Élysée

Sébastien Lecornu est, de nouveau, premier ministre. Après sa démission lundi, ce fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron rempile à Matignon. Nouvel épisode d’une crise politique majeure après une journée inédite.

Lucas Sarafian  et  Pierre Jequier-Zalc  • 10 octobre 2025 abonné·es
Lecornu renommé : Macron, un forcené à l’Élysée
© Stephanie Lecocq / POOL / AFP

Un jour sans fin. Encore. Après cinq jours de tractations politiciennes, le chef de l’État décide de renommer Sébastien Lecornu à Matignon. Le même qui, au matin du lundi 6 octobre, était à l’Elysée pour donner sa démission à Emmanuel Macron. En cinq jours, celui qui se définit comme un « moine-soldat » du macronisme est passé de premier ministre démissionnaire, à ultime négociateur puis, sur les coups de 22 heures ce vendredi, de nouveau locataire de Matignon. Le tout, après 24 dernières heures inédites dans l’histoire de la Ve République.

1 h 53 du matin, dans la nuit du 9 au 10 octobre. Les boîtes mail sonnent. Objet : convocation à l’Élysée. Panique au sommet de l'État. En une semaine seulement, le premier ministre Sébastien Lecornu a démissionné quelques heures après la nomination de son gouvernement, le « socle commun » a implosé sous la pression de la droite, le premier ministre démissionnaire s’est improvisé négociateur, les appels à la démission du président se multiplient… Emmanuel Macron doit reprendre la main.

Pour sortir la tête de l’eau, le chef de l’État convie l’ensemble des forces politiques, à l’exception de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) représentées à l’Assemblée nationale et au Sénat pour un « moment de responsabilité collective », selon l’élément de langage élyséen.

"Combinaison politicienne"

Depuis le congrès national des pompiers au Mans (Sarthe), Marine Le Pen tente de rompre son isolement en ciblant Emmanuel Macron : « Est-ce qu'il est vraiment du rôle du président de la République d'organiser ainsi une réunion de marchand de tapis dans l’unique objectif d'essayer d’éviter des élections qui sont pourtant la voie prévue par la Constitution lorsqu’il existe un blocage tel que nous le connaissons ? »

Lors d’un point presse convoqué en début de journée, Jean-Luc Mélenchon veut mettre la pression sur le chef de l’État : « Dans quelques heures, le président de la République va annoncer une décision essentielle. Elle ouvrira une nouvelle saison politique, soit en nous enfonçant dans la voie sans issue d’une nouvelle combinaison politicienne censurée d’avance, soit en permettant à notre pays de se reprendre en main lui-même par ses votes. »

Pour les formations politiques conviées par le président, le rendez-vous est donné à 14 h 30 au Château. Autour de la table ovale du salon des Ambassadeurs, les anciens premiers ministres Gabriel Attal (Renaissance) et Édouard Philippe (Horizons), les patrons de la droite Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, Marc Fesneau pour le Modem, Paul Christophe pour Horizons, le centriste Hervé Marseille, l’ex-ministre Nathalie Delattre (Parti radical) et le patron des députés Liot Laurent Panifous.

À

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