Un #MeToo politique déferle en Espagne, pays pionnier de la lutte contre les violences sexuelles
Une vague de dénonciations de harcèlement sexuel visant des politiques continue de déferler en Espagne, pays pourtant cité comme exemple dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Signe qu’il reste encore du travail à faire ?

© Javier SORIANO / AFP
La nouvelle année vient de débuter, mais les vieux démons continuent de hanter le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Déjà affaibli par plusieurs affaires de corruption et sans majorité absolue, le parti au pouvoir est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, secoué par une série d’affaires de harcèlement sexuel internes. À tel point que l’on parle même d’une nouvelle vague #MeToo.
Au cœur de cette tempête, Francisco Salazar, l’un des proches conseillers du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. Il avait été démis de ses fonctions début décembre après avoir été accusé cet été de « comportements sexuels inappropriés ». Plusieurs plaignantes avaient affirmé dans la presse n’avoir jamais été contactées par le parti depuis leurs dénonciations.
« Vous annoncez publiquement l'existence d'une procédure pour traiter ce type de plaintes, mais vous ne la mettez pas en œuvre lorsqu'une plainte est déposée. Cela fait bonne figure aux yeux du public, mais en réalité, il n’y a rien : aucune action, soutien ou protection pour les victimes », résume María José Guerra, professeure en études de genre et politiques d'égalité à l’université de La Laguna, aux Canaries.
Un nouveau coup dur pour Pedro Sanchez, qui n’a pas cessé ces dernières années de présenter son gouvernement comme le plus féministe de l’histoire, en plus de défendre les droits des femmes. En réaction, Sumar, le parti de gauche radicale qui forme une coalition pour maintenir Sanchez au pouvoir, a demandé des changements majeurs au sein du gouvernement en laissant planer la menace de se retirer de la coalition. « L'engagement du gouvernement et du Parti socialiste envers le féminisme est absolu », a réaffirmé le président du gouvernement lors de son discours de fin d’année, où il a aussi dit assumer personnellement « l’erreur » de ne pas avoir contacté les victimes.
Ces affaires #MeToo ont déjà fait mal à la gauche qui a subi une lourde défaite dans une élection régionale anticipée.
Mais depuis, la liste des dénonciations ne cesse pas de s'allonger, avec au moins sept affaires #MeToo différentes concernant la gauche ces dernières semaines, ce qui a provoqué des démissions en cascade. « C'est une vraie crise de crédibilité car même le parti qui se prétend le plus féministe a eu des comportements complices avec les agresseurs. Il y a eu des discours, et même des lois, mais les vieilles habitudes et les vieux rouages persistent », juge María José Guerra.
L’ex-numéro 3 du PSOE, Santos Cerdán, avait déjà défrayé la chronique début 2025 avec une affaire de
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