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Publié le 19 mars 2014

Delenda est Poutino ! …

… en réponse à des donneurs de leçons.

Chacun sait que le Fabrice de Stendhal, fourvoyé sur le champ de Waterloo en plein cœur de la bataille, était bien incapable d’en comprendre le sens. Aurait-il même vu par hasard l’affreux Thénardier dépouiller le cadavre d’un soldat que ça ne lui aurait pas appris grand chose de plus sur les enjeux énormes qui se jouaient sous ses yeux innocents …

Ainsi donc de ces gens qui connaissent bien « le terrain », pourraient en décrire le moindre monticule, en emprunter chaque détour, le parcourir en tout sens les yeux fermés (justement !). En quoi sont-ils fondés à donner des leçons de géopolitique, à faire fi des avis de ceux qui ne sont pas du leur et qui, s’ils n’ont pas la même intimité (professionnelle et personnelle) qu’eux avec le-dit terrain — c’est mon cas — ne renoncent pas pour autant à essayer de comprendre, en regardant un peu plus loin que le bout de leur barbe, et si possible sous les cartes que tant d’autres agitent complaisamment à longueur d’antenne, d’éditos, de tribunes et … de blog ?

Il y a assez, certes minoritaires, de très bons connaisseurs des réalités du
« Grand jeu » qui, quoi qu’on dise, n’a jamais cessé entre l’Est et l’Ouest (je pense notamment à Jacques Sapir, ou à Danièle Bleitrach et ses amis sociologues ), qui trouvent encore à s’exprimer ici où là dans le grand brouhaha médiatique pour qu’on ne soit pas obligé de communier bovinement dans la mangeoire du consensus qui fait de Poutine un loup affamé et des « rebelles » ukrainiens de blanches brebis qui n’aspirent qu’à brouter paisiblement l’herbe toujours grasse (encore que de moins en moins, l’avez-vous remarqué ?) de la pâture européenne …

Osent-ils souligner qu’il y a, au cœur et aux avant-postes de cette levée en masse du peuple de Kiev (qui n’est pas toute l’Ukraine), des forces obscures fort peu soucieuses de démocratie,
Illustration - Delenda est Poutino ! … et — pire encore — derrière elle (cette levée, ce soulèvement) les habituelles officines discrètes qui ont toujours œuvré, depuis la nuit des temps modernes, à la déstabilisation des ennemis, réels ou supposés, de l’Empire et de ses obligés 1 ; osent-ils, donc, suggérer, à contre-courant, qu’on assiste à une nouvelle manifestation — à l’occasion d’une rébellion qui n’est certes pas sans raisons, ni ancrage populaire, mais qu’on a soigneusement su bichonner, exciter, et conduire en douce — de cette volonté de l’impérialisme américain de toujours plus isoler, étrangler cette Russie à laquelle un Poutine entend rendre son rang (ah !, comme on était tranquille avant, sous le règne de l’ivrogne , comment l’appelait-on déjà ? Eltsine, c’est ça) et qui redevient un frein à l’extension sans limites du règne yankee 2 ; osent-ils ?

Alors ils sont (Prêts ? Tous en chœur derrière le maître à penser en chemise blanche échancrée) : ils sont des « adeptes de la théorie du complot » .

Car qu’on puisse croire à une politique souterraine, des actions secrètes, des manipulations inavouables, surtout en provenance du « camp du bien » , cette démocratie où coulent le lait et le miel, cela ne peut venir que de cerveaux malades.

Capito ?

Et l’on pourra bien leur brandir sous le nez les tonnes des comptes-rendus d’écoutes qu’opère la NSA sur le monde entier et jusque sur les téléphones privés de leurs « amis » les plus chers ( Angela, warum toussen sie sich  ?), on aura beau leur rappeler toutes les turpitudes, crimes, saloperies sans nom commises par la CIA au fil des ans et partout sur la planète, et que peu à peu confirme la déclassification des archives, nos belles et grands âmes médiatico-politiques n’en démordent pas, modernes Diafoirus : « Le complot, le complot, vous dis-je ! »

Eh bien soit ! Je m’assume, définitivement, comme un indécrottable ringard qui vomit cette époque exécrable où vous êtes encore si nombreux à voir la marque du Progrès (pensez donc : on vivra des cent-vingt, cent-cinquante ans, dans quel état ? C’est-y pas for-mi-da-ble ?), qui n’y voit, lui, que l’avancée inexorable de la marchandise (ce que Debord appelait : « le Spectacle ») sous la protection du bras surarmé d’un Etat surpuissant et de ses féaux, qui n’en finira jamais, jusqu’à la catastrophe finale, avec ses rêves impériaux de domination et d’asservissement et prêt à tout pour les réaliser.

Poutine, certes pas un petit saint, est un des seuls à résister.

Delenda est Poutino !


  1. J’allais écrire « alliés » : mais si le mot pouvait encore convenir, à la rigueur, à la France du Général, elle ne le mérite plus depuis lurette, et moins encore aujourd’hui que jamais quand un Hollande perdu d’honneur se satisfait du rôle de valet d’armes qu’on lui a octroyé … 

  2. Comme dit Paul Craig Roberts, ancien vice-ministre des finances de Ronald Reagan, tourné gauchiste avec l’âge : « Cela fait longtemps que les nazis néoconservateurs de Washington s’agitent en vue d’une guerre contre la Russie. Ils veulent supprimer l’une des trois restrictions restantes (la Russie, l’Iran et la Chine) à l’hégémonie mondiale de Washington. » Cf Le Yéti


Je rappelle aux éventuels commentateurs que ne seront publiés que les messages sourcés (provenance établie).

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