Une floraison de jardiniers

Quelque treize millions de Français cultivent leurs propres produits sur un terrain privé ou partagé. Pour des raisons économiques, pour
le plaisir ou par militantisme écologique.

Claude-Marie Vadrot  • 15 mai 2008 abonné·es

rès de Blois, installés à l’ombre entre un bois et une friche, à proximité de la Loire pour avoir de l’eau, les trois caravanes, les voitures et le gros fourgon de la famille Giorjiu ont jeté l’ancre pour quelques mois autour d’un jardin provisoire, où pointent déjà quelques pommes de terre et de minuscules pieds de tomates. Ils sont une douzaine, et le chef de clan raconte : « Depuis cinq ans, nous nous arrêtons au printemps dans un endroit tranquille. Pour cultiver. Pas vraiment pour le plaisir, mais parce que cela nous fait vite des économies. Mes frères et moi, on laisse les femmes et les gosses ici, on va travailler, on fait les marchés, on répare des voitures, on fait quelques récoltes dans la région, on se débrouille pendant que ça pousse tout seul ici. Au début, on a eu du mal, on n’y connaissait pas grand-chose. La terre, c’est pas notre truc, à nous les gitans ; la moitié des légumes crevaient, mais maintenant [les femmes] s’en sortent, elles ont appris. Je leur ai même acheté un bouquin. On est de plus en plus nombreux à faire ça. Mais faut choisir des endroits discrets. » Le vieil homme moustachu a vite

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve
« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »
Entretien 20 mai 2026 abonné·es

« Le béton ciment est un matériau pilier du système capitaliste »

Pour l’architecte et militante écologiste Léa Hobson, l’intersectionnalité des luttes est la seule voie pour s’opposer aux impacts majeurs de la bétonisation sur les populations, les espèces et la terre.
Par Vanina Delmas
Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs
Analyse 20 mai 2026 abonné·es

Les mouvements citoyens ne lézardent pas face aux bétonneurs

Derrière de nombreux projets responsables de l’artificialisation des sols, il y a la filière du béton, puissante et omniprésente. Malgré les risques de répression, les citoyen·nes continuent de se mobiliser pour préserver les terres agricoles et naturelles.
Par Vanina Delmas
Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers
Reportage 20 mai 2026

Le vent se lève contre les ravages écologiques des data centers

Un projet de construction du plus grand centre de données d’Europe, Campus IA, menace 70 hectares de terres agricoles à Fouju (Seine-et-Marne), une commune de 650 habitants. Comme ailleurs en France, des résistances citoyennes font face aux périls pour le vivant que représente l’arrivée de ces infrastructures.
Par Martin Eteve