Une bonne petite euthanasie nucléaire

François Cusset  • 31 mai 2012 abonné·es

Effroyable ennui des choses normales. Qu’un président soit normal, pourquoi pas, dernière trouvaille du pouvoir pour nous faire avaler la pilule de son arbitraire, sans vous arracher autant la gorge – pour l’instant – qu’à l’époque du gros comprimé bling-bling. Mais qu’une époque soit à ce point normale, normée, quelle tristesse : non pas normale au sens de ce qui s’y déroule, bien sûr, mais au sens d’un désir de norme, d’une envie de normalité, d’un réflexe permanent de normativité.

On pourrait même résumer le changement d’époque, entre les années rouges et fébriles, les années sex drugs & rock’n’roll de la bonne vieille guerre froide, et notre présent crisophile, nos années peurs dettes & normes, on pourrait résumer le changement à un seul symptôme majeur, beaucoup plus parlant que les prétendues « révolutions » idéologiques (du protogauchisme au néolibéralisme) ou technologiques (de la 2CV au Web 2.0) : la place du fou, oui,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Digression
Temps de lecture : 5 minutes