Donner aux gays le droit d’adopter ?
Avec le projet de loi autorisant le mariage des couples homosexuels, revient la question de l’adoption par ces couples. Selon Stéphane Nadaud, la refuser revient à s’opposer aux valeurs d’une société de droit. Pour Pierre Lévy-Soussan, une telle situation briserait la construction psychique de l’enfant.
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Précisons d’abord que, sur cette question, mon discours n’est pas celui d’un expert « psy ». En tant que « psy » (-chiatre, -chologue, -chanalyste), je pense qu’il est impossible de se prononcer « pour » ou « contre » l’adoption d’enfants par les couples de même sexe. Selon moi, la seule position qui vaille sur une telle question ne peut être que politique. La question : « Être homosexuel entraînerait-il le fait d’être un plus mauvais parent que les autres, voire l’impossibilité de l’être ? » est spécieuse. Se la poser – et pire, y répondre par l’affirmative –, c’est s’opposer aux valeurs d’une société de droit. C’est la raison pour laquelle, en qualité de citoyen, je ne peux qu’être favorable à l’adoption par les couples de même sexe. En ce qui concerne les discours des « psys » sur cette question, le problème de fond est en réalité celui de la façon dont est utilisée par les soi-disant « experts psys » la notion d’« intérêt de l’enfant ». Si c’était vraiment de l’intérêt de l’enfant qu’il s’agissait, nous n’entendrions pas les horreurs que nous entendons. Au nom de l’intérêt de l’enfant, la question qui s’exprime est en fait celle de la place – et de l’exclusion – des minorités (sexuelles, sociales…) dans notre société. Je frémis en imaginant ce que les « contre l’adoption par les personnes de même sexe »
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