Europe : Le retour des murs

Face à une crise migratoire d’une ampleur inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays tentent d’endiguer les flux migratoires en rétablissant les contrôles à leurs frontières.

Lena Bjurström  • 2 mars 2016
Partager :
Europe : Le retour des murs
© Photo : ARMEND NIMANI/AFP

En 2015, plus d’un million de migrants ont risqué leur vie pour se réfugier sur les rives européennes. Depuis le début de cette année, 120 000 personnes ont accosté en Grèce et en Italie, plus de 400 autres ont perdu la vie dans les eaux méditerranéennes. Une crise migratoire d’une ampleur inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale, face à laquelle l’Europe semble de plus en plus divisée. « L’UE, qui compte plus de 500 millions d’habitants et qui constitue l’ensemble politique le plus riche de la planète, s’est singulièrement montrée incapable d’apporter une réponse cohérente, humaine et respectueuse des droits humains », dénonce Amnesty International dans son rapport annuel. Incapable, surtout, de s’accorder.

La Commission européenne a beau tempêter contre les décisions « unilatérales », alerter sur l’impact économique d’une suspension de la libre circulation dans l’espace Schengen, appeler à une action concertée, de nombreux pays tentent d’endiguer les flux migratoires en rétablissant les contrôles à leurs frontières.

Ici et là, les discours se durcissent, étrange réaction à la montée de l’extrême droite que d’en adopter la rhétorique. Oubliée, la Convention de Genève. L’« urgence », semble-t-il, c’est d’immobiliser le flot des réfugiés à l’extérieur d’une forteresse européenne renforcée, comme si des murailles communes pouvaient pallier le morcellement de son unité. Une autre issue a pourtant été esquissée, celle d’une politique d’accueil partagée entre les États-membres. Elle risque aujourd’hui de disparaître sous les discordes de pays peu enclins à la solidarité.

Monde
Publié dans le dossier
Europe : Le retour des murs
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La stratégie meurtrière d’Israël pour vider le Sud du Liban
Reportage 14 avril 2026 abonné·es

La stratégie meurtrière d’Israël pour vider le Sud du Liban

Alors que l’armée israélienne avance au sud du Liban et cible massivement les civils, les habitants des villes et des villages craignent une « guerre finale » d’Israël pour occuper une partie du territoire.
Par Zeina Kovacs et Nissim Gasteli
Le Liban face à la machine de guerre israélienne
Analyse 14 avril 2026 abonné·es

Le Liban face à la machine de guerre israélienne

Depuis le 2 mars, le Liban est à nouveau plongé dans la guerre. L’armée israélienne semble plus que jamais inarrêtable et décidée à répéter une stratégie militaire déjà appliquée dans la bande de Gaza. Comme si l’enclave palestinienne avait été son laboratoire.
Par Céline Martelet
« Dans les médias français, le langage militaire s’impose et remplace l’analyse sur le Liban »
Entretien 14 avril 2026

« Dans les médias français, le langage militaire s’impose et remplace l’analyse sur le Liban »

Ziad Majed, politiste spécialiste du monde arabe, analyse le traitement médiatique français du conflit au Liban au regard des dynamiques politiques et sociales du pays, largement ignorées par les grands médias audiovisuels.
Par William Jean
« On n’en peut plus de la propagande » : en Hongrie, le régime d’Orbán s’effondre
Reportage 13 avril 2026 abonné·es

« On n’en peut plus de la propagande » : en Hongrie, le régime d’Orbán s’effondre

Après seize années de pouvoir sans partage, le Premier ministre autoritaire et ultra-conservateur hongrois, Viktor Orbán, a subi une grave défaite électorale, dimanche 12 avril. À Budapest, la jeunesse a laissé éclater sa joie à l’annonce de la fin du régime.
Par Thomas Dévényi