Smartphone : « Le désir jamais assouvi d’être ici et ailleurs »

Spécialiste des usages des technologies, Francis Jauréguiberry analyse les conséquences sociales de la connexion permanente.

Hugo Boursier  • 22 novembre 2017 abonné·es
Smartphone : « Le désir jamais assouvi d’être ici et ailleurs »
© photo : Iliya Pitalev / Sputnik / AFP

Craint-on à ce point la solitude pour que notre esprit s’arrime si facilement à l’écran de notre smartphone ? Pour Francis Jauréguiberry, qui a notamment étudié l’influence des objets connectés sur nos manières de voyager [1], le smartphone a modifié notre rapport au monde, notre manière d’interagir avec les autres, nos choix et nos prises de décision.

Les technologies de masse ont toujours transformé notre rapport au temps et à l’espace. Qu’est-ce qui différencie l’essor du smartphone de celui de la télévision, de la radio, du télégraphe ou de l’imprimerie ?

Francis Jauréguiberry : La différence la plus visible réside dans la très grande rapidité d’expansion des smartphones, alors que les autres technologies ont mis parfois plusieurs dizaines d’années à faire partie de notre quotidien. Cela indique que le smartphone répond à des attentes : pouvoir communiquer avec n’importe qui où que l’on se trouve, inscrire une continuité dans les relations inter-subjectives en faisant fi de l’espace-temps. Je parle dans mon travail de « don de semi-ubiquité » : c’est ce qui fait sa spécificité. Dans un même appareil est condensée une part de plus en plus importante de notre rapport au monde. Que ce soit dans le domaine des idées, de l’actualité, de nos contacts affectifs ou professionnels.

Dans votre livre sur le voyageur du XXIe siècle, vous vous êtes intéressé aux différentes stratégies de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Publié dans le dossier
Le smartphone nous rend-il cons ?
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Racisme 16 avril 2026 abonné·es

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme

Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 
Exclusif 16 avril 2026 abonné·es

« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 

Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Par Hugo Boursier
Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  

La proposition de loi Yadan, débattue ce jeudi 16 avril, suscite de vives inquiétudes en raison de son caractère jugé liberticide et son contenu flou. Avocats, associations et artistes redoutent un recul de la liberté d’expression. 
Par Kamélia Ouaïssa
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier