Le peuple de la ZAD remonte aux barricades

Les zadistes ont reçu un soutien massif le week-end dernier et envisagent la reconstruction des bâtiments détruits par la police.

Patrick Piro  • 18 avril 2018 abonné·es
Le peuple de la ZAD remonte aux barricades
photo : Construction de la nouvelle halle du non-marché, avant son transport à la force des bras au Gourbi.
© Patrick Piro

Pluie, boue, 2 500 gendarmes mobiles, Flash-Ball, lacrymogènes, grenades offensives assourdissantes qui creusent des cratères noirs dans les prairies : pas très avenante, l’ambiance, mercredi 11 avril, pour l’invitation au pique-nique champêtre lancée la veille en soutien aux habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Mais trop, c’est trop : le lundi, dès le début de l’opération d’expulsion, le lieu-dit des 100 Noms a été rasé en dépit de l’assurance par la préfecture de Loire-Atlantique que les projets agricoles n’étaient pas visés. « Par précaution, nous avions mis les brebis et les ânesses à l’abri, en prévision des gazages, indique Sarah (1). Mais nous pensions pouvoir rester. Qui pouvait ignorer nos activités ? » Michel a réussi à sauver une partie seulement des semences maraîchères qu’il produisait pour la ZAD. Sarah, avec quatre autres habitants, avaient constitué un troupeau collectif d’ovins, « identifié, pucé pour la traçabilité, contrôlé par les services sanitaires, et nous avions demandé un rendez-vous collectif à la Mutualité sociale agricole pour adhésion ».

C’est comme si tout ça n’avait jamais existé. Cédric a déposé dans la foulée un référé pour expulsion illégale : les 100 Noms était officiellement sa résidence principale, comme pour ses co-occupants (dont certains depuis cinq ans). Le tribunal l’a débouté, soulignant la régularité de l’ordonnance d’expulsion. Le jour du saccage, elle n’a pas pourtant pas été présentée par l’huissier. « Il nous a donné 15 minutes pour rassembler nos affaires, témoigne Guillaume, en ajoutant que nous étions mal placés pour négocier un peu plus de temps, car nous n’étions pas du bon côté du marteau !

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