François Ruffin : L’électron libéré

À l’Assemblée nationale, François Ruffin suscite autant les critiques que les louanges. Dans la gauche atomisée de 2018, son franc-parler et ses engagements prennent un relief qui détonne, même parmi les insoumis.

Agathe Mercante  • 12 septembre 2018 abonné·es
François Ruffin : L’électron libéré
© photo : JACQUES DEMARTHON/AFP

Pour dénoncer l’action du président de la République, François Ruffin invoque une scène de Robin des Bois. Dans ce classique revisité par Disney, le shérif de Nottingham, incarné par un loup bedonnant à la voix traînante, extrait une pièce d’or du plâtre d’un chien blessé en tapant sur sa jambe meurtrie. Emmanuel Macron est un « Robin des bois à l’envers » qui « va venir gratter sur les prestations sociales pour pouvoir poursuivre ses cadeaux aux plus riches », dénonçait-il au mois de mai. La comparaison est simple, efficace, percutante… Et connue de tous. En trois mots : la méthode Ruffin. « C’est un dessin animé marxiste », plaisante-t-il cinq mois plus tard dans son bureau de l’Assemblée nationale.

À lire aussi >> François Ruffin : « N’attendons pas la croissance pour réclamer plus d’égalité » 

Député de la première circonscription de la Somme depuis plus d’un an, François Ruffin veut tenir son engagement auprès des plus faibles, pris il y a longtemps déjà. Né en 1975 à Calais, d’un père cadre chez Bonduelle et d’une mère au foyer, il a grandi à Amiens, où il est resté marqué par la désindustrialisation, la hausse du chômage et l’avancée de la misère dans sa région durant les « trente piteuses ». Cette promesse de se faire le porte-voix de ceux qui luttent contre un capitalisme débridé que rien ne semble pouvoir arrêter, il en a fait son mantra. De quoi l’amener à se présenter, Robin des Bois « à l’endroit », aux élections législatives sous la bannière « Picardie Debout ». Une campagne « contre vents et marées, maison après maison, rue après rue, quartier par quartier, au porte-à-porte pour arracher les voix », se souvient-il. Il décroche le fauteuil de député le 18 juin 2017, devançant de 5 points le candidat macroniste.

Sa pugnacité et son franc-parler ont sans doute joué dans cette victoire, tout comme sa popularité. Car François Ruffin n’est pas un inconnu. Journaliste depuis vingt ans, il

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite »
La Midinale 26 mars 2026

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite »

Pour décrypter les résultats des municipales 2026 et se projeter dans la présidentielle 2027, John-Christopher Rolland, maître de conférences à l’université de Nanterre, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite
Reportage 25 mars 2026 abonné·es

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite

À Limoges, la victoire a, pour la troisième fois d’affilée, échappé à la gauche lors du scrutin municipal. Une déception d’autant plus forte qu’insoumis, socialistes, écologistes et communistes s’étaient décidés à partir main dans la main pour ce second tour.
Par Alix Garcia
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Municipales : le grand flou à gauche
Analyse 24 mars 2026 abonné·es

Municipales : le grand flou à gauche

Socialistes, Écologistes, insoumis et communistes ont souvent perdu, parfois gagné des villes. Et un an avant la présidentielle, la guerre des gauches reprend de plus belle.
Par Lucas Sarafian