Migrants : À travers la montagne, des pièges souvent cruels
À Briançon, le Refuge solidaire accueille les migrants après leur périple, rendu périlleux par les conditions géographiques mais aussi des contrôles policiers accrus. Reportage.
dans l’hebdo N° 1544 Acheter ce numéro

Les migrants qui passent par le refuge de nuit d’Oulx, dans le val de Suse (Italie), ne peuvent l’ignorer. Au beau milieu du dortoir de fortune installé dans des locaux mis à disposition par la mairie et géré par une fondation catholique, une pile de tracts les prévient du « danger » qu’ils encourent. Le mot est imprimé en rouge et caractères gras sur un fond bleu où se détache la silhouette noire d’un randonneur en pleine ascension au-dessus duquel plane une tête de mort. De brefs messages en anglais, français, italien, arabe et amharique précisent la nature du « danger de mort » : « La montagne en hiver est dangereuse. Risque de gelures et de froid extrême, de se perdre ou de mourir d’épuisement. » L’avertissement, assorti d’une mise en garde contre les « passeurs », qualifiés d’« arnaque » – « Le passage de la montagne est dangereux et non garanti même si vous payez » –, se veut dissuasif et les prie de faire « demi-tour ». En vain.
Depuis l’été 2017, date à laquelle la militarisation de la frontière dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes) les a poussés à chercher un passage plus