Les Turques se battent contre les féminicides

Les organisations de femmes se mobilisent contre le gouvernement conservateur d’Erdogan, qui, pour draguer l’extrême droite, recule sur la lutte contre les violences de genre.

Chloé Richard  • 2 décembre 2020 abonné·es
Les Turques se battent contre les féminicides
Des femmes et des personnes LGBT manifestent le 25 novembre 2020 à Istanbul pour la journée de l’élimination de la violence faite aux femmes.
© Erhan Demirtas / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Les Turques paient un lourd tribut à la domination masculine. En novembre 2020, le pays comptait déjà 354 victimes de féminicide dans l’année, selon le Monument Counter (1). Elles étaient 418 en 2019, 404 en 2018. Un chiffre qui, rapporté à la population totale, est 2,5 fois plus élevé qu’en France (2). Et certains meurtres font parler d’eux plus que d’autres, comme celui de Pinar Gültekin. Le 16 juillet, elle a été tuée par son compagnon dans la province de Mugla, sur la côte ouest du pays. Un meurtre d’une violence sans nom. Pinar Gültekin a été étranglée après avoir perdu connaissance à force d’être rouée de coups. Puis le meurtrier, Cemal Metin Avci, a brûlé son corps dans un tonneau avant de le couler dans du béton. Il l’a ensuite emporté dans une forêt pour tenter de le faire disparaître. Le corps de Pinar Gültekin a finalement été retrouvé quelques jours plus tard, le 21 juillet. Elle avait 27 ans. Son assassinat barbare a fait la une des médias dans tout le pays.

Deux semaines plus tôt, le 2 juillet, Numan Kurtulmus, vice-président du parti présidentiel AKP (Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur et libéral), avait annoncé que la Turquie allait se retirer de la convention d’Istanbul, un traité international qui veut lutter contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes, et que la Turquie avait été le premier pays à ratifier, en 2012 (3). « La signature de la convention d’Istanbul était une erreur », avait-il alors annoncé.

En dehors des milieux militants,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Au Liban, les secouristes sous le feu israélien
Reportage 23 mars 2026 abonné·es

Au Liban, les secouristes sous le feu israélien

Ces dernières semaines, une quarantaine de personnels médicaux ont été tués par des frappes aériennes. Visés délibérément, ils entendent bien continuer leur mission, fût-ce au péril de leur vie.
Par Laurent Perpigna Iban
Giorgia Meloni joue une partie de son mandat sur un référendum constitutionnel
Analyse 20 mars 2026 abonné·es

Giorgia Meloni joue une partie de son mandat sur un référendum constitutionnel

Ces 22 et 23 mars, l’Italie vote une réforme constitutionnelle pour la séparation des carrières des magistrats. En cas de majorité du « oui », l’exécutif réussirait à faire passer l’un de ses trois grands chantiers de réformes institutionnelles, avec l’autonomie des régions et l’élection directe du premier ministre.
Par Giovanni Simone
Devant la justice, le calvaire des femmes yézidies, victimes longtemps oubliées des djihadistes français
Justice 20 mars 2026 abonné·es

Devant la justice, le calvaire des femmes yézidies, victimes longtemps oubliées des djihadistes français

Jamais une cour d’assises ne s’était attardée sur les crimes sexuels perpétrés en Syrie par des Français. Pour la première fois l’un d’eux a été jugé pour génocide et crimes contre l’humanité à l’encontre des Yézidis. Seul et unique accusé : Sabri Essid, présumé mort en zone irako-syrienne. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Par Céline Martelet
Les champs volés de la bande de Gaza
Reportage 20 mars 2026 abonné·es

Les champs volés de la bande de Gaza

Depuis le cessez-le-feu signé en octobre 2025, au moins 53 % de l’enclave palestinienne est occupée par Israël. Un contrôle territorial instauré par le plan Trump et validé par l’ONU. C’est pourtant dans ces zones occupées que se trouvent les terres les plus fertiles et donc vitales pour la population.
Par Céline Martelet et Shatha Abu Silaa