« Assumons l’anticapitalisme ! »

L’antilibéralisme dont se réclame une gauche radicale n’est-il qu’un anticapitalisme euphémisé ? Pourquoi cette difficulté à se définir positivement ?

Roger Martelli  • 11 octobre 2007 abonné·es

Depuis un quart de siècle, deux grands systèmes d'attitude occupent de façon hégémonique l'espace politico-idéologique : le projet néolibéral et la méthode sociale-libérale. Pour s'opposer frontalement au premier et se distinguer absolument de la seconde, la dernière décennie a vu émerger une notion : celle « d'antilibéralisme ». Ce terme a des inconvénients. Tout d'abord, « libéralisme » étant associé à « liberté » dans les représentations communes, il tend à laisser le terrain de la liberté aux tenants de la déréglementation et de la flexibilité. Par ailleurs, les « marxistes » font remarquer à juste titre que la référence au libéralisme contourne la question majeure du capitalisme. On peut aujourd'hui s'opposer à la logique ultralibérale sans mettre en cause les fondements capitalistes de cette logique. Or, l'expérience des années de la « grande croissance » a montré que, si l'on ne s'attaque pas aux mécanismes de l'accumulation, les tentatives de régulation publique finissent par échouer. Mieux vaut donc, disent certains, ne pas se cacher derrière son petit doigt : si l'accompagnement social-démocrate du capitalisme est aujourd'hui efficace, tout projet transformateur conséquent ne peut être qu'anticapitaliste.

Cessons donc de

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