Repenser le bouquet électrique

Énergie. Un appel signé par de nombreux syndicalistes d’EDF pointe les défaillances de la production d’électricité en France et plaide pour une réorganisation du système, moins soumise au nucléaire et plus économe.

Politis  • 29 janvier 2009 abonné·es

Depuis plusieurs années, de nombreux partis politiques, syndicats et associations, de sensibilités diverses, soulignent la nécessité d'une diversification des sources d'approvisionnement électrique en France, ne serait-ce que pour réduire les risques de black-out et d'interruptions de la fourniture de courant aux usagers, et garantir ainsi le maintien d'un service public de qualité.

Avec près de 80% de sa production électrique d'origine nucléaire (contre, respectivement, 30%, 20%, 15% et 2,2% pour le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine), la France est le seul pays au monde à dépendre autant de cette source d'électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation. L'extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu'elle entraîne des pertes d'énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l'approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l'âge du parc et à certaines erreurs de conception [^2].) mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d'électricité – logiques dont on voit hélas mal comment les infléchir à très court terme.

D'une part, ses 58 réacteurs rendent notre pays notoirement excédentaire en moyens de production continue de courant (répondant aux besoins en base). La nécessité technique que ces installations fonctionnent jour et nuit – hors périodes d'arrêt pour maintenance – encourage chez nous la surconsommation électrique [^3]. L'électricité ne pouvant se stocker, cette surproduction entraîne aussi des exportations à bas prix de courant à l'étranger, lesquelles ont, dans nombre de pays, un effet de dumping dissuasif sur le développement des énergies renouvelables, qu'elles soient thermiques (biogaz,

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Écologie
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