Marine, 27 ans : 
« Le PS ou l’UMP, c’est du pareil au même ! »


Erwan Manac'h  • 2 juin 2011 abonné·es

Le débit de parole est assuré, et les idées sont claires. Marine, 27 ans, est de cette génération surdiplômée et « asphyxiée, qui n’en finit pas de faire des études ». Après un master à Sciences-Po et deux ans de chômage, elle s’est lancée dans une année de géographie de la santé à Toulouse. Petite boule d’énergie, un piercing au coin d’un œil, elle raconte son «  grand ras-le-bol » : « Les revendications espagnoles ont trouvé un écho chez moi, puisque je fais partie de cette génération qui n’a aucune perspective malgré les diplômes. »


De passage à Paris, Marine s’est rendue place de la Bastille pour diffuser le message de solidarité des Toulousains qui se sont regroupés et campent sur la place du Capitole. « À Toulouse, le mouvement est parti de deux Espagnols un peu écœurés de ne pas être en Espagne, s’amuse-t-elle. Puis la mobilisation a grossi avec l’appui des réseaux sociaux, et le mouvement s’organise naturellement. »
 Pour sa première expérience de militantisme —  « mis à part quelques AG étudiantes » –,

Marine s’enthousiasme pour un mouvement « citoyen et spontané ». Une levée d’indignation « qui part d’un grand sentiment d’injustice ». « Les élites sont pourries, tranche-t-elle. Le PS ou l’UMP, aujourd’hui, c’est du pareil au même. » Son indignation s’adresse aussi au « travail de sape » des politiques, qui propage la résignation. « Les jeunes n’ont pas le sentiment que les choses peuvent changer. Notre mouvement restera donc timide et discret pendant longtemps, car il y a un long travail de pédagogie à mener. Le simple fait que les gens se réunissent est déjà super. Pour le reste, nous verrons. »


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Places de la résistance
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