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Le Prince, Machiavel

traduit de l’italien par Jacqueline Risset, présenté par Patrick Boucheron, illustrations choisies et commentées par Antonella Fenech Kroke, Nouveau Monde éditions, 224 p. (180 illustrations en couleur), 49 euros.
On se souvient de l’éclatante traduction des trois tomes de la Divine Comédie de Dante par Jacqueline Risset (Garnier Flammarion poche, 2004). Cette spécialiste du toscan de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, idiome qui porte en germe l’italien moderne, récidive aujourd’hui avec le très classique Prince de Machiavel, œuvre fondatrice de la science politique, pour une grande et nouvelle édition richement illustrée. Ce beau-livre, qui restitue en même temps l’imaginaire visuel contemporain de l’auteur, propose ainsi ce texte écrit en 1513 et toujours d’une surprenante actualité, qui donne à voir comment conquérir et, surtout, conserver le pouvoir.

La Réponse d’Ulysse et autres textes sur l’Occident

Philippe Lacoue-Labarthe, textes présentés et annotés par Aristide Bianchi et Leonid Kharlamov, Nouvelles Éditions Lignes/Imec, 192 p., 23 euros.
Pour Philippe Lacoue-Labarthe (1940-2007), philosophe proche de Gilles Deleuze ou de Jean-Luc Nancy, « le terme “Occident” désigne la question de la colonisation ». C’est ce que soulignent Aristide Bianchi et Leonid Kharlamov dans leur présentation de ces « textes sur l’Occident », premier volume posthume du philosophe. La philosophie, « ce mode de pensée inventé en Grèce à l’Âge classique », ne saurait « être quitte de la violence de l’expansion militaire et technique de l’Occident ». D’interventions dans des colloques ou revues en entretiens énoncés entre 1991 et 2007, Philippe Lacoue-Labarthe s’essaie à penser les limites de la philosophie identifiée à l’Occident, et la haine que suscite l’Occident dans différentes parties du globe. Passionnant.

La Crise sans fin : Essai sur l’expérience moderne du temps

Myriam Revault d’Allonnes, Seuil, « la Couleur des idées », 288 p., 21 euros.
Autrefois, chaque crise succédait à une autre, à intervalles plus ou moins réguliers. Marx avait décrit ce cycle, essentiel selon lui au capitalisme. L’objet de cet essai est justement d’analyser ce changement de paradigme qui fait que nous parlons dorénavant de « la crise », devenue aujourd’hui dans nos esprits autant « globale » (car touchant la finance, l’éducation, la culture, le couple, l’environnement, etc.) que (quasi) « permanente », constituant la véritable « trame de notre existence ». Philosophe, Myriam Revault d’Allonnes poursuit ici son analyse des sociétés contemporaines et montre comment, à partir de cette notion, l’homme a évolué dans son rapport au temps et à l’histoire. Une notion qui tendrait désormais, pour l’auteure, à fonctionner comme un « fait social total » (pour reprendre le concept de Marcel Mauss).


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