Brésil : Une révolution sans nom et sans visage

Ils sont 1,2 million à être descendus dans les rues contre l’augmentation du prix des transports. Mais la révolte embrasse des causes politiques bien plus larges. Correspondance à Rio, Marie Naudascher.

Marie Naudascher  • 26 juin 2013 abonné·es

La « grève générale » annoncée pour le 1er juillet était le dernier élément qui manquait pour que la rébellion brésilienne soit complète. Les cinq plus grands syndicats ont appelé à une grève pour soutenir un mouvement qui a surpris tout le pays et demande de meilleurs services publics, une lutte plus efficace contre la corruption et la participation effective de la société civile aux décisions. Depuis trois semaines, les Brésiliens se retrouvent en masse pour montrer, pour la première fois depuis vingt ans, leur mécontentement. « La dernière fois que je suis descendue dans la rue, c’était en 1992, pour demander la démission du Président Collor, accusé de corruption  », se souvient Eliane, professeur retraitée qui regarde fièrement cette foule de jeunes entonner l’hymne national.

En quinze jours de révolte, les manifestants ont obtenu beaucoup : la baisse des prix des transports, un dialogue direct avec la Présidente Dilma Rousseff et la promesse d’une réforme politique d’envergure qui pourrait aller jusqu’à une Constituante, comme l’a annoncé la Présidente lundi dernier. Une belle victoire politique pour un mouvement qui ne se revendique d’aucun leadership et qui réunit une majorité de jeunes, 45 %

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Le cercle des poètes de Gaza
Reportage 21 juillet 2026 abonné·es

Le cercle des poètes de Gaza

Ils ont entre 18 et 25 ans. À l’appel de l’Institut français de Gaza et de l’ONG Academic Solidarity with Palestine, une soixantaine de jeunes Gazaouis ont envoyé des poèmes et des vidéos en français pour dire la guerre, les absents ou encore l’avenir qu’ils tentent d’imaginer.
Par Alice Froussard
Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »
Reportage 17 juillet 2026 abonné·es

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »

Quarante-sept Syriens seraient aujourd’hui détenus dans des prisons israéliennes. Dans les villages du sud de la Syrie, les familles tentent de localiser un fils, un mari ou un père dont elles sont sans nouvelles depuis parfois plusieurs mois.
Par Pauline Vacher et Charles Cuau
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre