Allende, un héritage bien vivant
Quarante ans après le coup d’État de Pinochet, Isabel Allende évoque le souvenir de son père. Bonnes feuilles.
dans l’hebdo N° 1267 Acheter ce numéro
Le photographe Georges Bartoli publie Chili, un livre de photos qui parcourt ce pays « sans est ni ouest », dans un voyage qui célèbre les paysages lunaires du Grand Sud ou du désert d’Atacama. L’œil du photographe sait aussi se faire politique et historique, s’arrêtant sur les visages des travailleurs et des populations pauvres, appuyé par les textes d’Isabel Allende et de Gérard Mordillat. La figure de Salvador Allende y est omniprésente. Extrait du récit intime de sa fille Isabel.
« Me reviennent en mémoire les événements de cette nuit du 10 septembre. Je dînais à Tomás Moro [^2], j’étais très fière des cadeaux que j’avais rapportés à mon père de Mexico, en particulier deux vestes d’été qu’il enfila sur-le-champ, interrompant la conversation avec ses conseillers. « J’espère pouvoir les porter. » Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Et j’ose à peine murmurer : « Ça va si mal ? » Chicho [^3] tente alors de me rassurer. […] Nous faisons tous des efforts pour que le dîner paraisse normal, mais il est