Parutions de la semaine

Politis  • 9 janvier 2014
Partager :

Violences politiques

Europe et Amérique 1960-1979

Ivan Carel, Robert Comeau et Jean-Philippe Warren (dir.), éd. Lux, 336 p., 20 euros.

Guérillas en Amérique latine, Weather Underground, Rote Armee Fraktion (RAF), Brigades rouges, Irish Republican Army (IRA)… Les années 1960 et 1970 furent celles de la « lutte armée » ou, si l’on reprend le langage des États, celles du terrorisme « de gauche ». On sait que celui de droite exista aussi, n’hésitant pas, pour sa part, à recourir aux massacres de masse. Cet ouvrage collectif se penche surtout sur les mécanismes du passage à la violence armée à l’extrême gauche, des deux côtés de l’Atlantique, et les réponses sécuritaires. Il retrace l’histoire de ces groupes, de l’engagement armé au « deuil » de la violence, avec sur ce point une intéressante contribution de l’une des meilleures spécialistes françaises de la question, Isabelle Sommier (Paris-I).

Situations, III

Littérature et engagement (février 1947-avril 1949)

Jean-Paul Sartre, nouvelle édition revue et augmentée par Arlette Elkaïm-Sartre, Gallimard, 466 p., 25 euros.

Arlette Elkaïm-Sartre, fille adoptive du philosophe, poursuit son travail de refonte et de réédition des volumes des Situations, qui regroupent les principaux textes d’interventions, articles, tribunes, préfaces ou essais épars, écrits à partir de 1944. Ce troisième tome est celui du chef de file de l’existentialisme au sommet de sa gloire. Il compte essentiellement l’important essai Qu’est-ce que la littérature ?, qui retrace le rôle très particulier de cet art en France depuis le XVIIe siècle, où Sartre justifie son choix d’une littérature engagée. Mais aussi des textes inédits sur la création d’Israël ou la guerre d’Indochine, toutes deux en gestation.

Le Parti socialiste unifié

Histoire et postérité

Noëlline Castagnez, Laurent Jalabert, Marc Lazar, Gilles Morin et Jean-François Sirinelli (dir.), Presses universitaires de Rennes, 336 p., 18 euros.

Issu d’un colloque qui s’est tenu en novembre 2010 au Centre d’histoire de Sciences Po, cet ouvrage, après diverses publications sur le PSU ces dernières années, est sans doute l’un des plus complets sur ce parti qui marqua profondément la gauche à partir de sa création, en 1960, en particulier durant la fin de la guerre d’Algérie. Les auteurs des nombreuses contributions comptent parmi les meilleurs spécialistes de la « deuxième gauche » et de ses rapports avec les autres formations progressistes, politiques ou syndicales (outre ses coordinateurs, Xavier Vigna, Frank Georgi, Alain Bergounioux, Hélène Hatzfeld…). Et on lira avec un intérêt particulier le dernier chapitre sur la « postérité » des idées du PSU, de l’autogestion à l’écologie politique.

Idées
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »

Les images de guerre ont radicalement changé de nature. W. J. T. Mitchell, l’un des grands théoriciens américains des visual studies, décrypte les politiques de l’image qui anesthésient et pourquoi certaines résistent encore aux instrumentalisations.
Par Juliette Heinzlef
Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »

Après huit ans à la tête d’une équipe municipale qui a transformé Barcelone (2015-2023), l’ex-maire revient sur son héritage politique et appelle les gauches espagnole et française à construire des alliances larges pour stopper l’extrême droite et proposer un projet politique de justice sociale et de paix.
Par Pablo Castaño