« Pourquoi nous avons accepté une alliance technique et démocratique »

TRIBUNE. Six membres de la liste « Bien vivre à Melun » (EELV-PG-Citoyens) répondent aux critiques de gauche sur leur décision de fusionner leur liste avec celle du PS.

Bénédicte Monville-De Cecco  • 28 mars 2014
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« Pourquoi nous avons accepté une alliance technique et démocratique »

Nous nous sommes engagés dans la bataille des élections municipales à Melun avec la volonté forte de rendre audible une proposition politique radicale au sens plein du terme, à même de considérer les difficultés auxquelles est confrontée notre société depuis leurs causes (leurs racines) et non pas seulement depuis leurs conséquences. Une proposition politique qui porte les seules réponses véritablement en mesure de permettre à tous les habitants de notre ville de bien vivre et un horizon politique souhaitable pour tous les humains. 

Nous sommes contre le système social actuel foncièrement capitaliste qui traduit toute chose – humains, êtres vivants, écosystèmes – en termes de valeur et d’argent, accroît considérablement la dépendance des travailleurs, privés d’autonomie, et détériore la nature. 

Nous remettons en cause le mythe de la croissance , qui mesure l’évolution des sociétés humaines à l’accroissement du PIB (Produit intérieur brut) au détriment du bien-être de tous les humains et de la nécessaire protection de leur environnement. Il est à la fois absurde et irresponsable de continuer à prôner un accroissement de la « richesse » produite quand il opère contre l’intérêt général et précarise le devenir de l’humanité en détruisant les ressources nécessaires à notre survie. Une croissance infinie dans un monde fini n’est tout simplement pas possible. 

Nous récusons l’accaparement inégalitaire des richesses de la nature au profit d’une seule classe sociale, oligarchique, qui se repaît quand une grande majorité de l’humanité vit dans des conditions déplorables, et détruit les équilibres du monde vivant au détriment des générations futures. Nous pensons que le seul horizon politique souhaitable est celui de l’écologie politique et considérons que le système productiviste doit être remis en cause, que toute entreprise doit être au service des besoins humains, évaluée en fonction de son utilité sociale et de son respect de la nature. 

Renforcer les bases d’une alternative écologiste à gauche

Nous ignorions si nous réussirions à monter une liste et nous avons remporté 7,25 % des suffrages exprimés. Par conséquent, nous avons réussi à rendre audibles et, pour 7,25 % des électrices et des électeurs, souhaitables, les solutions de l’écologie politique. Dans une ville dont une bonne partie des votants sont viscéralement ancrés à droite par idéologie – individualisme, défense des intérêts particuliers ou croyance en une inéluctabilité capitaliste et au conservatisme moral comme seul rempart au désordre provoqué par « les classes dangereuses », c’est-à-dire les pauvres –, c’est déjà une victoire.

Illustration - « Pourquoi nous avons accepté une alliance technique et démocratique » - Candidats de la liste « Bien Vivre à Melun » (Photo: DR)

Dès le soir du premier tour , la question d’une alliance avec la liste portée par le candidat François Kalfon s’est posée, et nous avons pris collectivement et très majoritairement la décision d’accepter une alliance technique et démocratique afin d’assurer notre présence au conseil municipal dans le respect de l’expression des suffrages du premier tour. Nous remercions les militants socialistes melunais d’avoir accepté les termes de notre accord et, pour six d’entre eux, d’avoir cédé leurs places à nos militants. 

Notre ligne politique n’est en aucun cas réductible à celle du Parti socialiste ni à celle de la liste « Un nouveau souffle pour Melun ». Et si des convergences existent, la ligne politique de « Bien vivre à Melun » est essentiellement alternative. Nous avons néanmoins considéré qu’il était important, pour renforcer les bases d’une alternative écologiste à gauche et sa construction sur le long terme, que nous puissions faire partie de l’exécutif de notre ville. 

Toutes ces dernières années nous avons mené une opposition constante aux politiques droitières inégalitaires et ségrégationnistes menées par le maire UMP au pouvoir. Nous représentons aujourd’hui 1/5e de l’opposition. Cette alliance technique nous permettra d’avoir dans tous les cas des conseillers municipaux à hauteur de ce pourcentage. Il n’a jamais été question pour nous de revenir sur les engagements et la ligne politique qui fut la nôtre pendant la campagne. Nous continuerons à nous battre pour faire progresser à Melun les idées que nous portons dans l’espoir qu’elles deviennent bientôt majoritaires. Car cette bataille est aussi une bataille des imaginaires et nous entendons bien la gagner.

SIGNATAIRES: Bénédicte Monville-De Cecco, Fatna Lazreg, Delphine Tarbouriech-Cousin, Claude Bourquard, Sylvain Kerspern et Sandro De Cecco, membres de la liste « Bien vivre à Melun »

Politique
Temps de lecture : 4 minutes
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