Esclavage : l’heure des réparations

Louis Sala-Molins retrace le parcours de deux moines abolitionnistes du XVIIe siècle. L’occasion de revenir sur un débat essentiel.

Pauline Guedj  • 6 novembre 2014 abonné·es
Esclavage : l’heure des réparations
© **Esclavage réparation** , Louis Sala-Molins, Lignes, 120 p., 16 euros. Photo : The Art Archive / Culver Pictures / AFP

En 2012, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) publiait dans le Monde un « Appel pour un débat national sur les réparations liées à l’esclavage ». Le manifeste invitait la France à intervenir dans un contexte international où des organisations tentent de planifier et de chiffrer les réparations. Le Cran suggérait de s’inspirer de dispositions prises à l’étranger, comme en Californie, où les entreprises travaillant avec l’État doivent révéler si elles ont bénéficié de l’esclavage par le passé. À cette époque, plusieurs associations ont été reçues à Matignon, qui se disait « très ouvert » au débat. L’année suivante, une déclaration expéditive de François Hollande mettait pourtant fin aux espoirs : « Impossible réparation, s’était exclamé le Président, citant Aimé Césaire, le seul choix possible, le plus digne, est celui de la mémoire. »

Parmi les signataires de l’appel du Cran, se trouvait le philosophe Louis Sala-Molins. Professeur émérite à la Sorbonne, élève de Jankélévitch, il s’était déjà fait remarquer par ses prises de position sur l’esclavage et sa

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