Les grandes manœuvres

Alexis Tsipras a pris tout le monde de court, les élections se tiendront probablement fin septembre. Avec le risque que la déception ne nourrisse les votes extrêmes. Correspondance, Angelique Kourounis.

Angelique Kourounis  • 26 août 2015 abonné·es
Les grandes manœuvres
© Photo : GOULIAMAKI/AFP

Tout le monde s’y attendait, c’était même devenu la blague de l’été : élections ou pas élections ? Septembre ou octobre ? Quand Alexis Tsipras a fermé le Parlement pour les vacances d’été, tout le monde a soufflé. Les élections seraient pour octobre. Mais Tsipras en a décidé autrement, et elles auront lieu dare-dare, probablement le 20 septembre. Du coup, et c’était le but de l’opération, l’opposition conservatrice, socialiste-centriste et surtout celle au sein même de son parti, la fameuse aile gauche, n’aurait que quatre semaines pour s’organiser. C’était compter sans la farouche détermination de Panayiotis Lafazanis, à la tête de cette opposition, prêt à tout donner pour éviter au pays un troisième mémorandum d’austérité. S’il répugnait à faire tomber « le premier gouvernement de gauche »,   s’il a renouvelé les appels au camarade Tsipras pour « qu’il se ressaisisse », il n’était pas question pour lui de se laisser évincer du Parlement, ce qui est le but à peine voilé de ces élections anticipées.

Car, en organisant ce scrutin, Alexis Tsipras, visant la majorité absolue qu’il a loupée à deux voix près le 25 janvier dernier, a trois buts. D’abord, obliger les Grecs à valider son changement de politique, et donc calmer toute

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