Front de gauche : bilan d’un échec

L’espoir d’un mouvement uni à gauche de la gauche s’est brisé sur la difficulté de passer de la dénonciation aux propositions.

Michel Soudais  • 20 janvier 2016 abonné·es
Front de gauche : bilan d’un échec
© Photo : LOIC VENANCE/AFP

Au soir des élections régionales, la gauche de gauche et les écologistes avaient la gueule de bois. EELV y avait perdu près de deux cents élus, le Front de gauche les deux tiers des siens et sa représentation dans huit régions sur treize. Froide est la douche. « On s’est plantés », reconnaît immédiatement Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, en appelant à « tout revoir ». Jean-Luc Mélenchon diagnostique un « état de catastrophe avancé » et déclare ne pas savoir si « l’autre gauche […] est guérissable ». Six semaines plus tard, toutes ces formations cherchent encore à comprendre.

« Le panorama est pire que ce que nous avions imaginé, au sens où aucune formule politique n’apparaît aller de soi », note Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de gauche (PG) dans une récente note de blog. Ni les listes de large union, comme en Languedoc- Roussillon-Midi-Pyrénées, ni celles rassemblant tout ou partie du Front de gauche avec EELV, ni les listes citoyennes ne peuvent se prévaloir d’un bon résultat. « Mais il y a au moins une évidence, poursuit-elle, ne pas avoir de stratégie nationale mène à la débandade. »

EELV : repli sur l’écologie

Certes, comme le souligne Olivier Darti-golles, « le contexte général, marqué par les questions identitaires et sécuritaires, était très difficile ». L’absence de mobilisation sociale ainsi que la décrédibilisation de la notion même de gauche, du fait de la politique du gouvernement, ont également joué défavorablement. Mais ces causes externes n’expliquent pas tout.

Côté EELV, Emmanuelle Cosse explique le « mauvais résultat » de décembre par « une stratégie électorale illisible » avec « des constructions politiques différentes selon les Régions, qui n’ont pas été comprises, et l’écologie reléguée au second plan », alors même qu’« il y a un engouement populaire autour de causes comme le climat ». À ses yeux, « l’opposition de gauche est une impasse » et EELV ne doit plus « tomber dans le piège des combats entre les vieilles gauches ».

D’où la tentation

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Politique
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Temps de lecture : 11 minutes

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