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EuropaCity, future ZAD ?

Un projet pharaonique, sur les dernières terres fertiles d’Île-de-France.

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Six ans que les habitants des environs du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise) tentent d’élever la voix face au projet EuropaCity. Un centre commercial, un parc d’attractions, un centre aquatique, un cirque nouvelle génération, une piste de ski… Un projet pharaonique, construit pour 2024 (prêt pour les JO ?), sur les dernières terres fertiles d’Île-de-France, entre les aéroports du Bourget et de Roissy.

Dernière étape, à partir du 15 mars, le débat public organisé par la ­Commission nationale du débat public (CNDP) pour recueillir toutes les réflexions des habitants. L’occasion peut-être de dénoncer les incohérences repérées par le ­Collectif pour le Triangle de Gonesse. Initialement prévu en 2014, ce débat public aurait été repoussé deux fois par la CNDP pour laisser le temps aux promoteurs, Immochan et l’établissement public d’aménagement (EPA) Plaine de France, de finaliser le dossier de présentation d’EuropaCity. La vidéo de promotion ensoleillée et futuriste ne suffisait donc pas pour convaincre de la pertinence du projet ?

Le soutien des élus reste indéfectible, notamment celui de Jean-Pierre Blazy, député-maire PS de Gonesse, du conseil départemental du Val-d’Oise et même de Manuel Valls, lors d’un comité interministériel consacré au Grand Paris. Seul le conseil général de Seine-Saint-Denis désapprouve publiquement le projet.

Ce label Grand Paris permet de justifier l’implantation d’une gare reliant les RER B et D au milieu de la campagne francilienne. Et de campagne, justement, il ne restera plus rien, hormis une ferme urbaine de sept hectares. L’alibi écologique (panneaux solaires, voies cyclables, espaces verts, recyclage…) n’a pas empêché EuropaCity de décrocher, en 2012, le prix Pinocchio du développement durable de « l’entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles ». L’association Les Amis de la Terre, à l’origine de cette distinction, émet de grandes réserves, notamment sur l’arrivée de nouvelles nuisances ou sur l’utilisation réelle d’énergies renouvelables.

L’un des arguments chocs des promoteurs : le chantage à l’emploi. Selon eux, ce complexe permettrait la création de 11 000 emplois. Or, la zone est déjà abondamment fournie en centres commerciaux. En attendant, silence total sur le prix exorbitant du projet. En 2014, le coût atteignait deux milliards d’euros. Un an plus tard, il faut y ajouter un milliard. En comparaison, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne coûterait que 561 millions d’euros. Doit-on s’attendre à une nouvelle ZAD, avec vue sur la tour Eiffel ?


Photo : Europacity

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