Dossier : Rideau sur le spectacle

Rideau sur le spectacle

La politique d'austérité entraîne de plus en plus de structures, de festivals et d’événements vers le néant.

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La culture se serre la ceinture. Villes, communautés de communes, départements, régions : l’austérité vient justifier des retraits de financement qui entraînent de plus en plus de structures, de festivals et d’événements vers le néant. La bascule a commencé par la baisse des subventions accordées aux associations. Au printemps 2015, les petites structures de production et de diffusion dans le spectacle vivant étaient les premières à se voir remplacées par un drapeau sur la « Cartocrise », carte des fermetures et des menaces. Mais la tendance s’aggrave jusqu’à toucher des scènes nationales qui ne savent pas comment monter leur prochaine saison. Certaines iraient jusqu’à faire appel à la réserve parlementaire de leur député pour ne pas mettre la clé sous la porte. Quand elles ne risquent pas de perdre leur label, comme le Centre dramatique de l’océan Indien (CDOI), à Saint-Denis de La Réunion. La réforme territoriale et la baisse des recettes conduisent les départements à « rogner sur les dépenses culturelles pour s’acquitter de leurs compétences obligatoires », d’après la Lettre du spectacle. « Redéploiements » dans l’Allier, - 41 % de budget culture dans l’Oise, -12 % dans les Côtes-d’Armor… Mais l’austérité a bond dos. En plus des restrictions budgétaires et de la volonté du Medef d’en finir avec l’intermittence, se manifeste une tendance anti-culture : des œuvres du patrimoine ou du divertissement soit, mais surtout pas de création contemporaine, de cultures urbaines, de prise de risque… La culture se voit considérée comme élitiste, subversive, accessoire et coûteuse. Question de culture politique, sans doute, à tous les niveaux.


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