Dr Kpote : « Si tu parles d’amour, tu es un “canard” »

Animateur de prévention sur la sexualité auprès des 15-18 ans en Île-de-France, le Dr Kpote décrit une jeunesse à la fois consommatrice et victime d’une société hypersexualisée.

Ivan Capecchi  • 21 décembre 2016 abonné·es
Dr Kpote : « Si tu parles d’amour, tu es un “canard” »
© MIGUEL MEDINA/AFP

Comment construit-on sa relation à l’autre dans un monde où la représentation de la sexualité est omniprésente ? Depuis une quinzaine d’années, le Dr Kpote fréquente les lycées et les Centres de formation d’apprentis (CFA) d’Île-de-France pour y faire de la prévention sur la sexualité, en plus de sa chronique mensuelle pour le magazine Causette. Sur le terrain, il côtoie des jeunes dont les préoccupations en matière de sexe et d’amour sont exacerbées par un environnement où tout est exposé, liké, partagé puis zappé.

Les enfants des soixante-huitards ont démarré leur vie sexuelle avec la menace du VIH en tête. Qu’est-ce qui occupe l’esprit des jeunes aujourd’hui ?

Dr Kpote : Je ne crois pas qu’il y ait un aspect qui se détache vraiment. Au contraire, ils sont débordés par l’information. Entre les séances de prévention qui s’accumulent dans les collèges et lycées, les messages qui se télescopent sur le Net, les réseaux sociaux, la sexualité devenue omniprésente… Aujourd’hui, même pour vendre une Fiat, la pub met du viagra dedans ! Les jeunes essaient de se débrouiller avec tout ça, à un âge où ils découvrent leur corps et leur relation à l’autre.

Dans l’une de vos chroniques, vous dites qu’après la génération X, puis Y, nous en serions à la génération Q. Est-ce que le porno a influencé les pratiques des jeunes ?

Génération Q, c’était plus pour la blague, mais il est vrai qu’aujourd’hui les jeunes disposent d’un très large panel de possibilités pour voir des scènes sexuelles. C’est toujours compliqué de faire la part des choses entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font, mais,

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Société
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