Primaire du PS : tous les électeurs de gauche ne sont pas les bienvenus

Michel Soudais  • 2 décembre 2016
Partager :
Primaire du PS : tous les électeurs de gauche ne sont pas les bienvenus
© Photo: FRANCOIS PAULETTO / CITIZENSIDE

La primaire organisée par le PS est-elle vraiment ouverte à tous ? Les dirigeants de la rue de Solferino le prétendent. Pourtant, la vidéo de la page d’accueil du site internet de leurs « primaires citoyennes » est bien plus limitative. Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, y expose les règles et modalités d’organisation décidées par le conseil national de son parti, le 2 octobre. Lesquelles, selon lui, excluent de s’adresser aux 17 000 citoyens qui ont voté à la primaire des écologistes d’EELV, ainsi que les électeurs pro-Mélenchon ou communistes :

Nous appelons l’ensemble des citoyens de gauche et des écologistes qui ne participent pas à la primaire des écologistes ou à l’orientation de Jean-Luc Mélenchon, voire du Parti communiste, de participer à cette primaire même si, si ces derniers revenaient sur leur position, évidemment nous revisiterions la manière dont nous allons organiser la primaire.

Tous ceux-là – ça fait quand même du monde – ne sont donc pas les bienvenus.

Cela n’empêche pas les organisateurs de présenter leur scrutin, à l’instar de la plupart des commentateurs, comme « la primaire de la gauche ». Ce qui est factuellement mensonger du seul fait que plusieurs candidats et partis de gauche ont choisi de ne pas y participer : Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, le Parti communiste, Ensemble !, mais aussi Bastien Faudot, candidat investi par le MRC, Sylvia Pinel, candidate du Parti des radicaux de gauche, ou Yannick Jadot, candidat désigné à l’issue de la primaire des écologistes et naguère promoteur d’une primaire de toute la gauche.

Quant à ceux qui voudraient y participer sans être membre de Belle alliance populaire, comme Pierre Larrouturou, investi en novembre par les adhérents de Nouvelle Donne à une courte majorité (367 voix pour sa participation à la primaire, 350 contre, 20 abstentions), ils doivent montrer patte rose. À peine ce dernier avait-il annoncé sa candidature par un entretien au Parisien que les dirigeants de Solferino faisaient savoir qu’il lui faudrait obtenir l’habilitation du Comité national d’organisation de la primaire. « On ne s’invite pas comme ça dans la primaire, a expliqué Jean-Christophe Cambadélis. Il faut qu’on en discute. » Et aux dernières nouvelles, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ne verraient pas d’un bon œil l’arrivée de cette candidature concurrente.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Corse : journée des dupes à l’Assemblée
Parti pris 26 juin 2026

Corse : journée des dupes à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Il s’agissait, nous dit-on, de trancher sur une seule question : autonomie ou pas autonome ? Cette manière de présenter le problème est un leurre.
Par Roger Martelli
« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir
Analyse 23 juin 2026 abonné·es

« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir

Pour sortir de la crise, Sébastien Lecornu compte bien se nourrir d’une loi intégrale portée, depuis des mois, par plusieurs associations féministes, puis par une coalition transpartisane. Récupération ou prise de conscience ? Ses défenseurs veulent que le gouvernement passe des paroles aux actes.
Par Lucas Sarafian
« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.
Par William Jean
La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot