Mauvaise passe pour Benoît Hamon
Prise en étau entre un Jean-Luc Mélenchon stable et le PS qui veut peser sur ses choix politiques, la campagne du candidat socialiste patine.
dans l’hebdo N° 1444 Acheter ce numéro

Est-ce le « burn-out » qui guette ? Vendredi dernier, devant la presse réunie à son QG parisien du quartier de la République, Benoît Hamon se montrait inhabituellement excédé : « Je passe une journée sur les déserts médicaux, sur les cantines scolaires en milieu rural, une journée sur la fonction publique […] et on me parle de Fillon, cela n’est plus possible !, lâchait-il. Les demandes de vos rédactions – pardon ! – [qui] vous demandent d’attraper une réaction de Hamon sur ceci ou cela, je vais m’asseoir dessus. » Et d’avouer dans un souffle de dépit lucide : « C’est dur d’être positif. »
Ah, qu’elle semble loin la période bénie des primaires ! Oublié le temps où l’outsider socialiste parvenait à imposer ses thèmes de campagne aux grands médias. Évaporée aussi, la sérénité de la cérémonie d’investiture. Quand il se murmurait dans les couloirs de la Mutualité qu’il suffirait d’attendre que Jean-Luc Mélenchon tombe à 5 % dans les sondages pour qu’il rejoigne de lui-même la candidature Hamon…
Un mois plus tard, c’en est fini de l’état de grâce. Les courbes sondagières piquent du nez, faisant passer Benoît Hamon de 17 % des intentions de vote (début février) à 14 %, voire 12 %. Soit au même niveau que l’indéboulonnable Mélenchon. Et la