Dossier : Paris, terre d’accueil ou terre d’écueil ?

Rue de la solidarité

Les habitants du nord-est de Paris s’organisent depuis plusieurs mois pour offrir un accueil digne aux centaines de migrants qui errent dans leur quartier. Reportage.

Le métro de la ligne 2 a cette particularité, au niveau de la station Jaurès, de s’échapper du crépuscule souterrain pour remonter à la surface de Paris. Les yeux des passagers se posent alors mécaniquement sur les dizaines de couvertures de survie dorées jonchant le trottoir. Chaque nuit, des hommes venus d’Afghanistan, du Soudan ou d’Érythrée dorment devant les portes de la plateforme d’accueil pour nouveaux demandeurs d’asile, un site géré par France terre d’asile. Malgré l’évacuation en novembre dernier de plus de 3 800 personnes vivant sous le métro aérien, le quartier Jaurès-Stalingrad reste l’un des points de ralliement et de solidarité identifiés par les migrants.

Pour restaurer la notion d’accueil digne et pallier les manquements des pouvoirs publics, des riverains mettent la main au porte-monnaie et ne comptent pas leurs heures, et ce dès l’aurore. Sur les quais de Seine, le collectif P’tit-déj à Flandre distribue les tartines de beurre et de confiture. Porte de La Chapelle, le collectif Solidarité migrants Wilson installe chaque jour ses thermos de thé et de lait, près de la « bulle », le centre de premier accueil parisien. Puis il y a le quartier Pajol. Une vingtaine de migrants y dorment toujours, et les parents d’élèves de l’école du secteur ne pouvaient plus rester impassibles. « Nous servons des petits-déjeuners, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, les week-ends, les jours fériés, les jours d’élection, raconte Benoît Alavoine, cofondateur du collectif Quartier solidaire. Nous sommes donc en prise tous les jours avec leur joie de vivre et leurs souffrances. »

Depuis la vague de démantèlement des campements sauvages, les réfugiés en sont réduits à se cacher pour dormir, obligés de se poser dans des parkings ou des squats, alors que « les camps de fortune, si vétustes soient-ils, leur permettaient d’avoir un semblant de vie sociale avec les riverains et les associations », poursuit Benoît Alavoine. Mais ils savent toujours où trouver la chaleur humaine pour sortir de l’isolement.

Il reste 77% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents